L’indicateur des taux de l’ANIL (Agence nationale pour l’information sur le logement) confirme une nette accélération, pour les neuf banques de son panel, de la baisse des taux fixes moyens au cours du dernier trimestre.

L’ANIL fournit tous les trois mois une fourchette des taux (fixes, variables et PAS) pratiqués sur les prêts d'une durée de 15 ans par neuf grandes banques françaises, à partir des données fournies par ces dernières. Ainsi, entre le 15 février et le 15 mai, la diminution des barèmes concerne toutes les enseignes : certaines de manière modérée (-0,10 point à la Banque Postale, -0,15 point au Crédit Agricole ou chez BNP Paribas), d’autres de façon plus marquée. Le repli le plus net concerne Le Crédit Foncier, dont les taux fixes, maximum et minimum, ont baissé de 0,60 point au cours de la période. Les taux minimum du Crédit immobilier de France reculent de 0,45 point, ceux de Cetelem de 0,42 point.

Globalement, les taux fixes minimum affichés oscillent ainsi entre 3,60% (à la Caisse d’Epargne et à la Banque Postale) et 3,95% (au Crédit immobilier de France), les taux maximum entre 4,08% (chez LCL) et 4,85% (au Crédit Mutuel). Toutefois, rappelle l’ANIL dans son communiqué, ces baisses assez spectaculaires se déroulent dans un contexte général de contraction du marché du crédit immobilier : « Ce mouvement [de baisse] ne suffit pas à enrayer la réduction du volume de la production de crédits qui intervient après une année record pour le volume de transactions immobilières. Les emprunteurs potentiels font preuve d’une prudence accrue. »

Baisse quasi-généralisée dans les régions

Les baromètres mensuels régionaux d’Empruntis confirment cette tendance. Au 15 mai, le courtier affiche des baisses des taux fixes moyens dans l’ensemble des régions et sur toutes les durées, à quelques petites exceptions près. C’est dans le Grand Ouest que les emprunteurs trouvent les meilleures conditions de crédit : 3,60% en moyenne sur 15 ans (soit 0,10 point en-dessous de la moyenne nationale, fixée par Empruntis à 3,70%) et 3,95% sur 20 ans (pour une moyenne nationale de 4%). Le Sud-Ouest (3,65% sur 15 ans, 4% sur 20 ans) et la Méditerranée (3,65% sur 15 ans, 4% sur 20 ans) tirent également leur épingle du jeu. A l’inverse, l’Ile-de-France, malgré la baisse, reste la région où les taux fixes moyens sont les plus élevés : 3,85% sur 15 ans, 4,20% sur 20 ans.

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Ces taux du marché masquent néanmoins des disparités assez importantes, y compris au sein de mêmes régions. Les barèmes, sur les très longues durées d’emprunt (25 et 30 ans), ont tendance, en effet, à baisser moins, voire à stagner. Surtout, les banques restent à l’affût des meilleurs dossiers. « Avec les critères de Bâle III, les banques cherchent avant tout des liquidités, tout en restant très actives dans l’octroi des crédits immobiliers », explique ainsi Maël Bernier, directrice de la communication d’Empruntis. « Les bons profils, avec des épargnes importantes, obtiennent facilement des décotes sur leur taux, allant même jusqu’à 0,50%. »