L’Insee (1) a dévoilé ce vendredi 13 septembre son enquête annuelle sur le niveau de vie des Français, cette fois pour l'année 2011. Le revenu médian est stable par rapport à 2010. Mais la pauvreté et les inégalités de revenus, elles, progressent.

19.550 euros : si vos revenus annuels dépassaient ce seuil en 2011, vous faisiez partie de la moitié la plus aisée de la population française. Pour parvenir à ce chiffre, l’Insee est partie du revenu disponible (2) des ménages, divisé non pas par le nombre de personnes qui les compose, mais par le nombre d’unités de consommation (UC) : une UC pour le premier adulte, puis 0,5 UC par personne supplémentaire de plus de 14 ans et 0,3 UC par moins de 14 ans. Le montant obtenu est ensuite attribué à chacune des personnes composant le ménage. Ainsi, un couple avec deux enfants en bas âge représente 2,1 UC. Si le revenu annuel disponible du ménage atteint 40.000 euros, le niveau de vie attribué à chacun de ses 4 membres sera de 19.047 euros.

Ce niveau de vie médian est stable par rapport à 2010, après une baisse de 0,5% en 2009. Il porte toutefois les stigmates de la crise économiques : entre 2004 et 2008, il avait progressé en moyenne de 1,8% par an.

Seuil de pauvreté de 977 euros mensuels

Pour l’Insee, le seuil de pauvreté en France est équivalent à 60% de ce niveau de vie médian. En 2011, il s’est donc fixé à 977 euros par mois, quasi-stable sur un an. Ce qui ne veut pas dire que rien n’a changé. La pauvreté en France concernait en effet 8,7 millions de personnes en 2011, soit 14,3% de la population, soit 0,3 point de plus que l'année précédente. Deux catégories de la population l’ont particulièrement subie : les chômeurs et les jeunes entre 18 et 29 ans.

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L’Insee constate plus généralement une croissance des inégalités : « En 2010, pratiquement toutes les catégories de population avaient subi une baisse de leur niveau de vie (…). En 2011, la situation s’améliore plus largement dans la moitié haute de la distribution, mais elle continue de se dégrader pour la moitié basse. » Conséquence : l’écart de niveau de vie entre les 10% les plus modestes (10.530 euros annuels) et les 10% les plus aisés (37.450 euros) se creuse.

Le patrimoine fait la différence

En 2011, les ménages les plus modestes ont ainsi subi des périodes de chômages plus longues et donc moins bien indemnisées et, pour ceux qui travaillaient, des salaires qui stagnent. « (...) Comme l’année précédente », commente l’Insee, « les bas salaires pâtissent de la faible revalorisation du Smic horaire brut : en moyenne annuelle, [il] baisse de 0,3% en euros constants, après –0,4% en 2010. »

A l’inverse, la situation salariale des ménages aisés s’est plutôt améliorée. Mais le creusement de l’écart de niveau de vie s’explique surtout par les revenus du patrimoine. En effet, plus le niveau de vie du ménage est élevé, plus leur poids relatif est important. « Pour la grande majorité de la population, [les revenus du patrimoine] contribuent peu à l’évolution du niveau de vie du fait de leur faible poids dans le revenu disponible (moins de 6% en moyenne pour 90% de la population) », constate l’Insee. « En revanche, pour les 10% de personnes les plus aisées, ils représentent 27% du revenu disponible ». Ces derniers ont donc profité en 2011 d’un contexte plutôt favorable, avec notamment une « légère hausse des taux d’intérêt et la progression des revenus des valeurs mobilières ».

(1) Institut national de la statistique et des études économiques

(2) Il s’agit des revenus déclarés au fisc augmentés des revenus financiers non déclarés et des prestations sociales, tous nets des principaux impôts directs.