Les supports en unités de compte (UC) sont des fonds d’investissement intégrés à un contrat d’assurance vie ou un plan d'épargne retraite et qui permettent de miser sur les actions, les obligations, l'immobilier... Potentiellement plus rentables que le fonds en euros, ils ne bénéficient pas en revanche d’une garantie en capital. Ce qu’il faut savoir avant d'investir.

Qu’est-ce qu’une unité de compte ?

Au sein d’une assurance vie multisupports, différents types de supports sont disponibles, les principaux étant le fonds en euros et les unités de compte. L’investissement sur un support en UC se concrétise par l’acquisition d’une part de ce support, d’où le nom d’« unité de compte ».

Quelle différence avec un fonds en euros ?

La principale caractéristique du fonds en euros est la garantie en capital : l’assureur garantit en permanence aux épargnants d’être en capacité de leur rendre une somme donnée, exprimée en euros. Sauf cas particulier, cette garantie en capital n’existe pas pour les UC : l’assureur s’engage uniquement à rendre le nombre de parts d’UC investies, et non leur valeur. Or, la valeur de la part peut évoluer : elle peut augmenter fortement et permettre d’envisager une importante plus-value à terme, mais elle peut aussi baisser et engendrer une moins-value.

Le fonds d’investissement composant l'UC intégrée dans un contrat d’assurance vie n’est pas géré directement par l’assureur du contrat. Celui-ci joue un rôle d’intermédiaire entre l’épargnant et le gestionnaire de l’UC (le plus souvent un asset manager, gestionnaire d’actifs).

La rémunération de l’UC s’opère aussi différemment du fonds en euros. Pour ce dernier, la performance de l'année est capitalisée, elle est donc acquise à l'investisseur et ne peut plus diminuer. En revanche, pour un support en UC, cette performance ne représente que la progression de la valeur du fonds. Cette valeur peut, dans la période suivante, redevenir inférieure.

Les unités de compte sont-elles risquées ?

Les UC ne sont pas risquées par nature. Le niveau de risque est très variable selon leur composition, et dépend :

  • du type de produits qu'ils contiennent : produits monétaires peu risqués mais également peu rentables ; immobilier ; obligations ; ou actions, plus risquées mais potentiellement plus rentables.
  • du marché, des entreprises ou des Etats sur lesquels ils sont investis. Par exemple, une UC composée d'obligations d'Etat en difficultés financières sera plus risquée qu'une UC composée d'obligation d'Etats notés « AAA »
  • d'autres éléments plus techniques, comme le risque de taux ou le risque de change par exemple.

Le niveau de risque de chaque UC est indiqué dans son Document clé d'information (DIC), sous la forme d'une échelle allant de 1 (produit peu risqué) à 7 (produit très risqué). Ce document détaille également la nature de ces risques.

Combien peuvent rapporter les supports en UC ?

Les rendements des supports en UC sont extrêmement variés, car ils reflètent les évolutions de différents secteurs d’activité ou zones géographiques. Certaines familles d’UC offrent plus de stabilité, tels que les fonds immobiliers, d’autres permettent d’espérer d’importants gains sur le long terme.

La Fédération française de l’assurance (FFA) livre chaque année un rendement annuel moyen pour l’ensemble des supports en UC référencés dans l’assurance vie. Il suit sans surprise les fluctuations boursières : +2,9% en 2016, +5,8% en 2017 mais -8,1% en 2018, année marquée par une chute de 11% du CAC 40. La performance négative de 2018 est compensée par un important rebond en 2019, année qui s’est achevée sur une hausse de plus de 26% du CAC 40. Pour 2019, le rendement annuel moyen pour les UC est de +13,9%.

Comment choisir entre plusieurs UC ?

Il est conseillé de diversifier ses placements en UC (on parle « d’allocation » dans le jargon financier) pour limiter les risques liés à un secteur d’activité ou à une zone géographique. Si de très nombreuses UC sont accessibles dans un contrat, il faut veiller à varier les gestionnaires, les zones géographiques concernées, les secteurs d’activité ou encore les familles d’UC (actions, obligations, trackers ou SCPI…).

Gestion libre, conseillée ou pilotée : quelles différences ?

Différents types de gestion de votre contrat d'assurance vie, et donc de vos UC, peuvent vous être proposés par l'assureur ou le distributeur.

En gestion libre, c’est le souscripteur qui choisit seul les UC sur lesquelles il souhaite investir.

En gestion conseillée, ou profilée, l’épargnant garde la main sur le choix et les arbitrages entre UC, mais il bénéficie des conseils d’experts, ou de profils préétablis qu’il est libre de suivre ou non.

La gestion pilotée, ou gestion sous mandat, permet elle de déléguer la gestion des UC d’un contrat multisupports à une société de gestion. L’épargnant sélectionne le profil de risque qui lui convient. Ensuite, c’est l’assureur ou la société de gestion choisie qui réalise les arbitrages entre UC à la place de l'épargnant, afin de réagir aux fluctuations des marchés.

Quels sont les frais appliqués aux UC ?

Plusieurs couches de frais s’appliquent aux unités de compte. D’une part des frais de gestion de l’assureur (jusqu’à 1% par an le plus souvent), qui différencie parfois les frais appliqués au fonds en euros de ceux appliqués aux UC. S’ajoutent les frais liés à une option de gestion : le fait d’opter pour une gestion pilotée implique le plus souvent des frais de gestion additionnels. L’assureur peut aussi appliquer des frais supplémentaires pour des UC spécifiques telles que les trackers, les titres vifs ou les SCPI.

Les frais internes aux UC (ou frais courants) constituent une dernière couche de frais, mais elle est moins visible puisque la performance de l’UC les prend déjà en compte.

Voir aussi notre comparatif des contrats d’assurance vie

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