
Marie-Cécile Plessix est la directrice générale dAXA Banque depuis 2016.
En juin, vous avez lancé votre nouveau package Ogoon qui prend la suite dOligo. En 2017, vous aviez déjà revu votre offre avec le lancement dun compte à la carte gratuit. Plus de 15 ans après sa création, AXA Banque se cherche-t-elle encore ?
Marie-Cécile Plessix : « Avec Ogoon, nous abordons une nouvelle étape de notre transformation en réunissant les trois modèles de la banque daujourdhui : lagilité des banques en ligne, linnovation des néobanques et la solidité de la marque AXA et de son réseau dagents généraux. Il sagit dune évolution logique compte tenu de lévolution des comportements de nos clients, davantage centrés autour du smartphone. Oligo, notre précédente offre groupée de services, avait été lancée en 2006, dans un contexte économique très différent. Les taux dintérêt, alors nettement plus élevés, rendaient pertinent un service comme la rémunération du compte courant. Aujourdhui, ce nest plus le cas. Cest la raison pour laquelle nous lavons retiré du package. A la place, nous proposons le remplacement de la carte bancaire car, avec lusage du sans contact, elle suse plus rapidement : il est en effet devenu plus fréquent de la glisser sommairement dans sa poche. »
Ogoon, plus onéreux, intègre également davantage dassurances quOligo. Doit-on y voir la volonté de vous rapprocher de votre maison-mère ?
M-C.P. : « Notre objectif est clair : nous souhaitons être la banque des clients dAXA. Cest pourquoi, notre marque de fabrique, lassurance, est effectivement encore plus visible avec Ogoon. Concrètement, ce package intègre une couverture plus large des dépenses par carte : la garantie internet, la protection achat 30 jours (le bien acheté est garanti en cas de dommages et casses accidentels) et le service reprise. Cette dernière assurance permet, jusquà un an après un achat, dobtenir son remboursement de moitié si celui-ci ne convient plus. En ce sens, nous avons maintenu le cashback assurance, déjà intégré à Oligo. Car il sagit dun service réellement plébiscité par nos clients. Il leur permet de récupérer 4% des primes dassurances AXA. Quand on sait quelles atteignent en moyenne 1 400 euros par an, cela représente une cinquantaine deuros économisés. De quoi rembourser ainsi une bonne partie de la cotisation du package, de 6,50 euros mensuels [pour un compte individuel, NDLR]. »
Lobjectif dattirer les assurés AXA est-il atteint ? Quelle est la part des clients de votre maison-mère également détenteurs dun compte AXA Banque ?
« Depuis 2017, la part des détenteurs d'Oligo était tombée à 35% »
M-C.P. : « Aujourdhui, notre taux de pénétration atteint 8% parmi les clients dAXA. Nous souhaitons faire progresser cette part. Cest dailleurs lune des raisons qui nous a poussés à revoir notre package de sorte quil soit en complète cohérence avec notre ADN dassureur. »
A côté de votre offre groupée, vous proposez depuis 2017 un compte à la carte gratuit pour les clients actifs (réalisant au moins 900 euros dachat par trimestre pour les plus de 30 ans). Ce compte ne phagocyte-t-il pas votre formule payante ?
M-C.P. : « Avant la mise en place de notre compte gratuit, 65% de nos clients avaient souscrit à Oligo. Cette proportion est tombée à 35% suite à la refonte de notre offre en 2017. Cette évolution nous a logiquement amené à nous interroger sur le bienfondé de conserver la formule Oligo. Avec Ogoon, notre ambition est de revenir au niveau précédent. Nous sommes toutefois lucides : le contexte a changé Les banques en ligne et les néobanques ont parfois donné limpression que les services bancaires pouvaient être totalement gratuits. »
Que deviennent les personnes qui avaient souscrit à Oligo ?
M-C.P. : « En prévision du lancement dOgoon, nous les avions prévenus que leur formule allait évoluer. Nous leur avons néanmoins laissé la possibilité de sortir dune offre packagée et de souscrire au compte à la carte. Mais, nous navons eu que très peu de déperdition. »
Le mois dernier, vous annonciez également la transformation de votre application mobile en « assistant virtuel ». Quelles sont ses nouvelles fonctionnalités ?
« Notre application mobile devient prédictive »
M-C.P. : « Son caractère essentiel est dêtre désormais prédictif. Outre la synthèse statistique, notre application anticipe sur ce que sera la situation du compte dans le futur, en tenant compte notamment des virements récurrents. Pour faciliter la gestion budgétaire, lapplication est capable de prévenir automatiquement un client que, compte tenu de ses habitudes de dépenses, il risque de se retrouver à découvert sil nalimente pas rapidement son compte. De même, en cas dopérations surprenantes un prélèvement dont le montant aurait fortement augmenté ou un débit enregistré à létranger le client est alerté. »
Sur lexploitation des données, des synergies avec AXA sont-elles à létude, notamment pour la détection de fraude ?
M-C.P. : « Sur la data, il nexiste aucune synergie entre la banque et lassurance. En revanche, concernant lépargne, nous pouvons conseiller notre client en fonction du solde de son compte. Si un virement important arrive sur son compte, nous lui suggérons de faire un virement vers son livret ou de contacter son agent général pour avoir un conseil sur un placement. »
Où en êtes-vous concernant la conquête clients ? Vous revendiquiez 700 000 utilisateurs début 2017.
« AXA Banque compte aujourdhui 650 000 clients »
M-C.P. : « AXA Banque compte aujourdhui 650 000 clients. Nous en avons donc perdu quelques dizaines de milliers. Mais, cette perte sest essentiellement concentrée sur nos clients qui disposaient uniquement dun crédit renouvelable - que la réglementation nous oblige à résilier sil na pas été utilisé depuis 2 ans au moins - ou dun vieux livret dépargne dont lencours était tombé en deçà du minimal requis de 15 euros. Pour accroître la distribution de notre offre de compte courant, nous misons beaucoup sur les agents généraux AXA. Depuis 3 ans, le nombre dagences, habilitées à proposer notre offre bancaire, a augmenté de 30%, à 1 000 points de vente répartis sur lensemble du territoire. »
















