Biométriques, colorées, en métal et même en bois : les cartes bancaires deviennent des objets d’apparat, des curiosités que les clients sont fiers de dégainer. Mais cette originalité est parfois facturée au prix fort.

Les cartes bancaires s’affichent haut en couleur. Corail, bleu électrique ou encore à l’effigie de Pikachu ou de Bugs Bunny, ces rectangles aux mesures standardisées (85,60 mm sur 53,98 mm selon la norme ISO 7810) peuvent aussi être singuliers. Ce n’est pas nouveau. Les banques traditionnelles proposent de longue date de relooker leur carte. Pour ce faire, elles disposent de galerie de visuels avec parfois des éditions limitées. Ainsi, en ce moment, la Société Générale propose des cartes avec une tête de licorne, un trio de singes ou encore un smiley avec des yeux en cœur. Mais ces visuels ne sont pas gratuits ! En fonction de la banque et de l’image retenue, le prix de ce service varie entre 10 et 30 euros par acte ou par an dans certains établissements, en plus de la cotisation annuelle de la carte bancaire. A la Société Générale, le tarif oscille entre 14 et 26 euros par an. Il est de 12 euros annuels chez BNP Paribas. Au LCL, la facturation est de 12,50 euros par visuel.

Du plastique au métal

Les néobanques aussi se mettent à la carte remarquable, ce qui d’ailleurs tranche avec leur offre d’origine : un compte bancaire unique mais avec des fonctionnalités inédites (à l’époque) comme le pilotage de la carte bancaire depuis une application mobile. Toutefois pour attirer à elles une clientèle plus haut de gamme (qui génère plus de revenus) et lui permettre d’épater la galerie, les néobanques ont lancé de nouvelles formules composées notamment de cartes bancaires qui se remarquent. Ainsi, depuis 2017, la néobanque allemande N26 commercialise une carte de type World Elite Mastercard en métal inoxydable, déclinée depuis en 3 couleurs : sable corail, gris perle et noir carbone.

Sa concurrente Revolut lui a emboîté le pas, à l’été 2018, en sortant également une carte Metal. Puis, les néobanques pour les pro Qonto et Sogexia ou encore Aumax et plus récemment Boursorama ont succombé à la mode à leur tour. Points communs entre toutes ces cartes Metal : elles ciblent des personnes globe-trotters étant prêtes à payer entre 10 et 17 euros par mois pour ces cartes singulières avec des assurances et des prestations élargies comme les retraits illimités gratuits.

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Du noir à la couleur

Exploitant toujours l’argument commercial de la singularité, N26 a lancé en juillet 2019 sa formule You à 9,90 euros par mois avec comme principal changement par rapport à son ancienne offre Black : le choix entre plusieurs coloris de carte (noire, vert, rouge, jaune ou bleu). Pour son offre Smart lancée à l’automne 2020, la néobanque allemande a réitéré laissant le choix aux clients de la couleur de leur carte. Mais là encore, cette possibilité n’est accessible qu’en acceptant de payer. A l’inverse, sur la formule gratuite de N26, il n’est pas possible de choisir le look de sa carte.

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Si pour la plupart des banques mobiles présentes en France, la différenciation passe par le métal, à l’étranger certaines lui préfèrent le bois. Basée à Londres, la néobanque TreeCard prévoit ainsi de lancer cette année une carte en bois, ce, pour symboliser le fait qu’une partie de ses bénéfices soient allouées à la plantation d’arbres dans des zones menacées de déforestation. Cette originalité rappelle l’offre « esayGreen » de Bunq qui promet que, tous les 100 euros dépensés, un arbre soit planté.

Du code secret à l’empreinte digitale

A l’initiative des cartes bancaires personnalisables, les banques traditionnelles continuent, aussi, à investir pour moderniser ce moyen de paiement, faisant fi, au passage, des voix qui s’élèvent pour prédire la fin de la carte remplacée par le smartphone. Mais, plutôt que de miser sur le look, elles misent sur la technologie avec l’argument commercial de sécuriser davantage les transactions.

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En 2016, la Société Générale a ainsi lancé les premières cartes à cryptogramme dynamique dont l’objectif est de sécuriser davantage les achats sur internet ou par téléphone. Elle est en effet équipée d’un petit écran au dos qui permet d’afficher un code à 3 chiffres qui change toutes les heures. BNP Paribas a suivi en 2018. Prix de cette option chez BNP comme chez Société Générale : 12 euros par an en plus de la cotisation annuelle de la carte bancaire.

Dans l’optique, cette fois, de remplacer le code secret à 4 chiffres, BNP Paribas déploie cette année une carte bancaire avec lecteur d’empreintes digitales. Pour valider une transaction, le client appose son doigt sur le dispositif prévu à cet effet sur la carte. Là encore, pour avoir accès à cette option, le client doit débourser 24 euros de plus par an en sus de la cotisation de la Visa Premier. Cette option n’étant accessible qu’en souscrivant à cette carte haut de gamme.

Pas sûr toutefois que d’autres banques se lancent dans la CB biométrique. Du moins, elles tâtent encore le terrain. En 2018, la Société Générale s’était également intéressée à cette technologie et avait lancé une expérimentation. Plusieurs pilotes, sur près de 200 cartes, ont été testés sur le terrain. Contactée par MoneyVox, la Société Générale indique que, trois ans après le début des tests, « les expérimentations en cours se poursuivent et certaines s’élargissent avec comme objectifs de tester les nouvelles versions des produits et de fiabiliser l’écosystème global ». Tout en concédant que « les produits testés à ce jour ne remplissent pas totalement le cahier des charges nécessaire à une commercialisation. Le risque de ne pas pleinement tenir la promesse produit et donc de générer de l’insatisfaction client est jugé trop élevé encore ».

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