Face à lessor des comptes et cartes sans banque, les régulateurs veillent à ce que leurs émetteurs ne deviennent pas le cheval de Troie du blanchiment dargent. Dernièrement, la société Prepaid Financial Services (PFS) - un établissement de monnaie électronique britannique présent en France notamment via ses cartes prépayées vendues en bureaux de tabac - sest ainsi vu infliger un blâme par lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) assorti dune amende dun million deuros.
A la lecture de la décision de la Commission des sanctions publiée fin septembre sur le site du régulateur français, les raisons de cette sanction ne manquent pas. LACPR, suite aux contrôles réalisés entre 2017 et 2018, a constaté, d'une part, que PFS ne vérifiait pas systématiquement lidentité des porteurs de ses cartes, comme limpose le Code monétaire et financier. Pour 14 dossiers sur un échantillon de 41 inspectés, lentreprise britannique ne disposait en effet daucune information relative à la profession, aux revenus et aux ressources du client. Autre manquement repéré par le régulateur français : lincapacité de connaître le mode de rechargement (espèces, carte bancaire...) utilisé pour approvisionner les cartes prépayées. Ce qui, aux yeux de l'ACPR, rend difficile le suivi des respects des plafonds de chargement en espèces, fixés à 1 000 euros par mois en France.
Enfin, létablissement de monnaie électronique britannique a également failli dans ses obligations dexamen renforcé et de déclaration de soupçons à Tracfin, la cellule de Bercy qui enquête sur les suspicions de fraude, de blanchiment ou de financement du terrorisme. En cause : des rechargements portant sur plusieurs dizaines de milliers deuros nayant fait lobjet daucun suivi de la part de PFS.


















