Comment évolue la manière dont nous réglons nos achats et nos factures ? Dans sa cartographie 2015 des moyens de paiements scripturaux, la Banque de France détaille les habitudes françaises de paiement que la carte bancaire domine plus que jamais, tandis que le chèque continue de résister.

En 2014, le nombre des paiements scripturaux - c’est-à-dire hors usage des espèces - effectués en France a atteint les 19,11 milliards de transactions. La progression de ce chiffre (+5,6%) y a été plus soutenue que dans l’ensemble de l’Union européenne (+2,8%), mais moins qu’en Grande-Bretagne par exemple (+7,8%).

9,47 milliards de paiements par carte en 2014

En 2013, le volume des règlements par carte bancaire flirtait avec la barre des 50% du volume total des paiements scripturaux. En 2014, ce seuil a été atteint : à la faveur d’une hausse de son utilisation de 6% (contre 8% par an en moyenne depuis 2000), la carte représente plus d’un paiement sur deux en France, soit 9,47 milliards d’opérations.

Dans le même temps, le volume des montants payés par carte n’augmente pas dans les mêmes proportions : +1,5% seulement entre 2013 et 2014. Et pour cause : « (…) Malgré une utilisation de plus en plus répandue », constate la Banque de France, « la carte reste réservée pour des paiements de petit montant (47 euros par transaction en moyenne) et est de plus en plus utilisée pour des montants plus faibles à la faveur du développement du paiement sans contact ». Ce dernier restait toutefois ultra-minoritaire en 2014, avec un montant global payé de 537 millions d’euros, soit 0,12% du total des paiements par carte.

Dans le paysage des moyens de paiement scripturaux, la carte bancaire ne représente que 2% des montants payés, moins que les prélèvements (5%) ou même que les chèques (4%). Dans ce domaine, le virement, utilisé notamment pour le paiement des salaires, reste toutefois intouchable : 88% de l’ensemble des montants échangés.

Le chèque résiste encore et toujours

En 2013, le chèque avait connu une baisse historiquement élevé (-19%) des montants échangés. Mais la Banque de France avait prévenu : ce repli était la conséquence d’une nouvelle réglementation imposant aux notaires la mise en œuvre d’un virement à la place d’un chèque pour tout règlement immobilier supérieur à 3.000 euros. Confirmation en 2014 : le déclin du chèque retrouve son rythme habituel depuis le début des années 2000, à savoir -8% par an en montant.

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Le nombre de chèques émis en France en 2014 ne s’est lui replié que de 5%, contre 10,3% en Grande-Bretagne et 8,3% en Italie, deux autres pays européens où son usage n’a pas totalement disparu. Avec un total de 2,49 milliards de chèques signés, d'un montant moyen de 490 euros, il représente toujours 13% des paiements scripturaux en France. Un chiffre reste révélateur de l’exception française en la matière : 68,5% des chèques émis dans l’Union européenne sont français.

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Les virements et les prélèvements progressent

L’omniprésence du chèque en France a une conséquence : le faible usage du virement par les particuliers. Seulement 14,6% des virements européens sont émis en France, contre 21,9% en Allemagne. Les choses, toutefois, évoluent un peu. La famille des virements (y compris les virements interbancaires et les virements de masse, les salaires notamment) a progressé de 7% en volume en 2013, pour atteindre 3,46 milliards de transactions.

Mais la palme de la progression revient à un sous-ensemble de la famille des prélèvements, le télérèglement, dont le nombre a augmenté de 20% en 2014, après 27% en 2013. « Une tendance (…) directement liée à l’abaissement par la direction générale des Finances publiques du seuil de chiffre d’affaires au-dessus duquel les entreprises sont assujetties à l’obligation de télédéclaration et de télérèglement des impôts professionnels », explique la Banque de France.