La force de lhabitude, sans doute. Une nette majorité de Français ne souhaite pas voir le chèque disparaître : 42% sont tout à fait opposés à cette idée (et 31% plutôt opposé), contre 9% seulement qui y sont tout à fait favorables (et 15% plutôt favorables).
Pourtant, ils ne sont plus quun sur 10 environ (9%) à en faire leur moyen de paiement préféré, loin derrière la carte bancaire (71%) et les espèces (15%). Ils sont également 67% à déclarer quils lutilisent moins souvent quavant, à comparer avec les 64% qui expliquent se servir de plus en plus souvent de la carte bleue. Un chiffre cohérent avec les statistiques de la Banque de France qui notait, dans sa dernière cartographie des moyens de paiement, une baisse de 19% du total des sommes payées par chèque entre 2012 et 2013, contre 3,8% en moyenne par an depuis le début des années 2000.
« Pratique » pour un quart des Français
Le sondage suggère toutefois que ce repli pourrait sexpliquer par un recul de lacceptation des chèques dans les commerces, plus que par un véritable rejet des Français. Seuls 27% dentre eux (44% chez les plus de 65 ans) estiment en effet quil est possible de payer partout avec son chéquier, contre 76% pour les espèces ou 71% pour la carte.
Dans le même temps, le chèque, facile à frauder, fastidieux à remplir, conserve un certain nombre de points forts aux yeux des Français. Pas forcément la gratuité : seuls 6% des sondés choisissent de payer par chèque pour cette raison. Le chèque est surtout utile (pour 47% du panel) comme alternative à la carte bancaire lorsque celle-ci nest pas acceptée, ou aux espèces lorsque la somme à payer est trop élevée (32%). 26% des personnes interrogées lapprécient aussi parce quil permet de différer le prélèvement de la somme. Et 24% (37% des 65 ans et plus) le trouvent tout simplement plus pratique que les autres moyens de paiement.
Un « moyen de paiement de secours »
Les Français semblent pourtant résignés : au total, 77% des personnes interrogées sattendent à la fin prochaine du chèque, dont 17% dans moins de cinq ans. Il faut dire que depuis un rapport publié en mars 2011 par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui suggérait daccélérer son remplacement par dautres moyens de paiement plus modernes, cette question revient régulièrement sur le devant de la scène.
A lépoque, la ministre de lEconomie Christine Lagarde avait rejeté cette perspective. Cest également le cas de Michel Sapin, lactuel ministre des Finances, qui a confirmé mardi aux assises des paiements que la disparition des chèques nétait pas à lordre du jour, tout en suggérant à la filière française des paiements de réduire son usage à celui dun « moyen de paiement de secours ».
Lire par ailleurs : Comment Bercy compte imposer la carte pour les petits paiements
(1) « Les Français et les moyens de paiement », étude de lInstitut CSA pour le ministère des Finances, réalisée par téléphone les 29 et 30 avril, auprès dun échantillon représentatif de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus.















