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Si lon en croit Les Echos, Michel Sapin a pris de court les banques françaises, en ne leur annonçant que tardivement son intention de baisser les commissions facturées aux commerçants sur les paiements par carte, « sans quelles puissent négocier de contreparties ». Le secteur a en tout cas pris acte de la volonté gouvernementale en annonçant cet après-midi, par lintermédiaire de la Fédération bancaire française (FBF), son association professionnelle, une série dengagements précis.
Côté commerçants : une relevé mensuel des frais
Comme demandé par le ministre, les banques vont augmenter la fréquence denvoi aux commerçants du relevé des frais dencaissements cartes (RAFEC), actuellement annuelle et qui va devenir mensuelle. Ce document intégrera le détail des frais liés à lacceptation des cartes de paiement. Objectif : permettre aux commerçants de comparer les prix facturés par les différentes enseignes. La FBF précise que ce nouveau RAFEC deviendra « le relevé commerçant le plus complet de lUnion européenne ».
Les banques promettent également une « diminution significative » du minimum fixe de commission parfois facturé aux commerçants, et qui les dissuade souvent daccepter les paiements par carte de petit montant. Mais elle ne sengage pas sur un pourcentage précis de diminution, alors que Michel Sapin a demandé une baisse dau moins 50%. Elles prennent également acte de la « décision du gouvernement de fixer la commission interbancaire de paiement à 0,23% du montant de la transaction », tout en rappelant quen vertu dune réglementation européenne, ces commissions passeront à compter du 9 décembre 2015 à 0,2% pour les cartes à débit immédiat et 0,3% pour les cartes à débit différé ou de crédit. Pas de référence, en revanche, à la suppression de la part fixe de ces commissions, autre demande gouvernementale.
Enfin, les banques sengagent à moderniser le parc des terminaux de paiement électronique (TPE), en proposant systématiquement aux commerçants, à compter du 1er janvier 2016, des TPE dits « IP », utilisant internet plutôt que les lignes téléphoniques classiques (plus chères) pour communiquer avec le réseau interbancaire. Lobjectif affiché est déquiper 60% du parc dici la fin de lannée 2016. Elles sengagent également à promouvoir systématiquement les terminaux dits « M-POS », permettant aux commerçants nomades de recevoir des paiements par carte via un smartphone ou une tablette.
Côté usagers : des cartes bancaire non-NFC gratuites sur demande
Les clients des banques bénéficieront indirectement des engagements pris à légard des commerçants, en payant plus facilement avec leur carte bancaire, y compris des petits achats. Mais certaines promesses de la FBF les concernent plus directement.
Les banques annoncent ainsi leur intention de « promouvoir le virement sur leurs sites internet et leurs applications mobiles ». Lobjectif est den faire une réelle alternative au chèque pour les petits paiements entre proches (achat groupé, remboursement dadditions de restaurant, etc.). Elles sengagent également à renforcer la communication sur le paiement sans contact, notamment sur sa sécurisation. Un sondage CSA commandé par le gouvernement à loccasion des assises a en effet montré que 76% des Français se sentaient exposés à la fraude en utilisant le sans contact.
Dans le même ordre didée, les banques promettent de procéder « gratuitement à un échange pour une nouvelle carte non équipée de la fonctionnalité de paiement sans contact ». Cest loin dêtre le cas aujourdhui, une partie des enseignes se contentant de procéder à une désactivation à distance de cette fonction.
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