De par leur modèle économique basé sur la faiblesse des coûts de fonctionnement, les banques en ligne refusent généralement les Franco-Américains. Pourquoi avoir fait un choix différent ?
Alain Colin : « Monabanq partage avec les autres entités du groupe Crédit Mutuel CM11 le même système dinformation. Par conséquent, lors de lentrée en vigueur en 2014 du Fatca [lire encadré], nous étions déjà en mesure daccueillir cette clientèle et de permettre sa mise en conformité avec ladministration fiscale américaine. »
A la différence de vos concurrentes directes, accepter ces clients bi-nationaux ne représente donc pas un coût prohibitif ?
A.C : « Nous nallons pas répondre à la place des autres banques en ligne. Nous concernant, la question ne sest jamais posée. Nous navons pas été confrontés à ce dilemme puisque le développement informatique nécessaire na pas été porté par Monabanq. Nous navons pas eu besoin dinvestissement spécifique. Bien sûr, ces clients-là nécessitent un traitement particulier mais qui sintègre tout à fait à nos processus habituels. »
Fatca et Américains accidentels : de quoi parle-t-on ?
Le Fatca, pour Foreign Account Tax Compliance Act (en français, loi sur la conformité fiscale des comptes étrangers), est un règlement fiscal qui impose aux banques didentifier les individus de nationalité américaine, puis de transférer leurs informations bancaires à ladministration fiscale outre-Atlantique. En cas de non-respect, les établissements sont passibles dune pénalité pouvant atteindre 30% de leurs flux financiers en provenance des Etats-Unis. Dans les faits, ce ne sont pas les banques qui envoient directement les informations bancaires outre-Atlantique. Elles les transmettent à ladministration fiscale française qui les envoie à son tour au fisc américain.
Un Américain accidentel désigne une personne qui na a priori pas de lien avec les Etats-Unis mais qui, de par sa double nationalité, est soumise à des obligations fiscales vis-à-vis du fisc américain. Résidant à létranger, elle est de fait concernée par le Fatca.
Concrètement, quelles procédures mettez-vous en place pour détecter les Franco-Américains et comment transmettez-vous les pièces justificatives à ladministration fiscale française ?
A.C : « Il y a effectivement deux sujets : lentrée en relation et le suivi des personnes déjà clientes. Lorsque le prospect complète le formulaire pour ouvrir un compte, il doit renseigner son lieu de naissance. Sil signale quil est né aux Etats-Unis, celui-ci devra alors nous transmettre le W9, un document imposé par ladministration américaine qui confirme son statut de résident fiscal américain. Plus rarement, nous lui demandons le W8-BEN, document également imposé par ladministration américaine, lorsquil a entrepris les démarches pour renoncer à la nationalité américaine. »
La nationalité américaine sacquiert par le droit du sol, mais aussi par le droit du sang
A.C : « Dans ce cas, la responsabilité incombe au client de nous signaler sa filiation. Concernant les personnes identifiées mais qui, après relances, ne nous transmettent pas les formulaires, nous navons pas vocation à les conserver durablement. »
Combien de clients résidents fiscaux américains comptez-vous ?
A.C : « Nous ne communiquons pas sur nos chiffres, mais on parle évidemment dun pourcentage très faible. »
Pourquoi était-ce important pour vous de signaler que vous acceptiez les Américains accidentels ?
A.C : « Cest une preuve de notre positionnement. Notre posture de marque, renforcée en 2015 avec la signature « Les gens avant largent », sous-entend que nous acceptons toute personne quel que soit son statut. Par ailleurs, les Franco-Américains sont une population généralement mobile, en recherche de solutions à distance. Nous souhaitions donc que cette communauté sache quau moins une banque en ligne les accepte. »
Présentation de la formule de compte de Monabanq



















