Depuis septembre 2017, la Banque Postale est sous le coup d’une enquête préliminaire de la brigade financière pour des manquements à ses obligations anti-blanchiment, concernant notamment les mandats cash.

Selon le site web Les Jours qui dévoile l’information, c’est le régulateur du secteur financier, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui a saisi la justice, après qu’une inspection au sein de l’établissement a abouti à la découverte de « plusieurs faits graves », selon le pré-rapport établi par le gendarme financier.

Deux griefs en particulier sont retenus contre LBP. Le premier concerne les mandats cash, qui permettent d’envoyer de l’argent quasiment sans contrôle d’identité au guichet. « Il suffit de montrer une pièce d’identité, qui ne sera photocopiée ou scannée qu’en cas de doute », écrit Les Jours, qui poursuit : « En emboîtant plusieurs scénarios, la mission de contrôle s’est aperçu qu' ''il est possible d’envoyer des mandats cash pour un montant cumulé de 60 000 euros sur un an'' – soit 5 000 euros par mois – sans déclencher d’alerte informatique. »

La Banque Postale a annoncé le mois dernier son intention de supprimer les mandats cash ordinaires.

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Carence du système informatique

Second grief : toujours selon Les Jours, la Banque Postale a « sciemment retiré de ses listes de clients indésirables la Saving Bank, une banque d’État syrienne, dont les avoirs avaient été gelés par l’Union européenne parce qu’elle finançait le régime de Bachar el-Assad ». En cause, une carence du système informatique de filtrage de la banque, qui entraînait une multiplication des fausses alertes concernant cette banque. Plutôt que d’affiner son filtre, la Banque Postale aurait choisi de désactiver le mot-clé « Saving Bank ».

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Pour ces entorses, la Banque Postale risque une forte amende de la part de l’ACPR. Mais la sanction pourrait être encore plus grave : selon Les Jours, le contournement des mesures de gels des avoirs peut entraîner « une exclusion des marchés publics ou même [un retrait de] sa licence ».

« La Banque Postale réserve ses réponses à l'ACPR »

« Aucune opération n'a été faite entre la Banque Postale et la Syrie » qui « figure sur la liste des pays sous embargo », a réagi un porte-parole de la banque auprès de l'AFP. Le pré-rapport « a déjà fait l'objet de modifications à la suite d'observations de La Banque Postale », a-t-il ajouté : « La procédure étant en cours, la Banque Postale réserve ses réponses à l'ACPR ».