Après des années de hauts et surtout de bas, le secteur bancaire mondial a retrouvé depuis 3 ans une certaine stabilité économique. Une amélioration qui a entraîné une baisse du coût du risque et une hausse des profits, explique McKinsey : le secteur bancaire mondial a ainsi passé en 2014 le cap des 1.000 milliards de dollars de profits, dont 120 milliards pour les seuls établissements de lEurope de lOuest.
Toutefois, une ombre plane sur la santé économique du secteur bancaire. En effet, les marges dégagées par lindustrie ont tendance à diminuer. Pour les maintenir, les établissements de détail ont déjà commencé à réduire leurs coûts. Elles nont dailleurs pas dautre choix. McKinsey explique en effet que la « révolution du numérique » les a fait entrer dans une phase de « bataille pour le client » avec de nouveaux acteurs non-bancaires et très avancés dun point de vue technologique. Des startups financières (ou Fintech, pour reprendre la terminologie en vogue), mais aussi des géants comme Google, Apple ou Facebook, capables de produire des services de meilleure qualité à moindre coût. Cette bataille, annonce McKinsey, va « définir les 10 années à venir pour lindustrie bancaire ».
Le crédit conso en première ligne
Le problème pour les banques nest pas tant de perdre des parts de marché. Ces nouveaux entrants, selon McKinsey, ne grignoteront leurs positions quà la marge. La plupart, pour des questions réglementaires notamment, utilisent dailleurs les circuits bancaires classiques pour leurs activités. En revanche, ils sont en mesure de mettre une forte pression sur les revenus dégagés par les établissements de détail sur lessentiel de leurs métiers traditionnels. McKinsey en cite cinq, particulièrement exposés : le prêt à la consommation, les paiements, le prêt aux PME, la gestion de fortune et le crédit immobilier. Selon le cabinet, les profits dégagés sur ces activités pourraient diminuer dici 10 ans de 60% pour le crédit conso, 35% pour les paiements et le crédit aux PME, 30% pour la gestion de fortune et 20% pour le prêt immobilier.
Pour éviter den arriver là, McKinsey estime que le simple rachat des Fintech les plus performantes, dont les valorisations sont actuellement au plus haut, ne suffira pas. « Le changement doit être organique », explique le cabinet : les banques doivent totalement revoir leurs approches de linnovation technologique. Avant quil ne soit trop tard.
(1) The Fight for the Customer : McKinsey Global Banking Annual Review 2015
















