Le rendement de l'emprunt à 10 ans pour la France a touché un nouveau plus haut depuis 2008 alors que la dette publique atteignait 117,5% du produit intérieur brut fin mars, selon l'Insee.
« Le niveau de la dette française aujourd'hui est inacceptable. Le fait qu'il faille la payer cher rend encore cette dette plus difficilement acceptable », a déclaré le patron du Crédit Mutuel sur France 5, estimant que « le seuil d'alerte est atteint depuis un moment, non seulement sur les taux, mais également à cause du volume de la dette française ».
« Si la France venait à être dégradée par les agences de notation, et ça nous pend quand même au nez », la conséquence directe, « c'est qu'il y aurait encore une augmentation des taux, et peut-être qu'un jour, l'État français aurait du mal à se financer », a-t-il indiqué.
Les banques françaises sont parmi les principaux prêteurs de l'État français, de même que les assurances-vie prêtent à l'État français. Elles seraient donc « menacées si la France était en défaut, c'est-à-dire si la France ne remboursait plus sa dette », a-t-il expliqué.
Effacer la dette ? « Pas possible de par les traités »
Interrogé sur la possibilité d'effacer la dette comme Jean-Luc Mélenchon en a lancé l'idée, M. Baal a indiqué qu'il fallait rester « très raisonnable »: « d'abord, ce n'est pas possible de par les traités. Éventuellement, on pourrait sortir de la zone euro, mais on se rend compte de la situation dans laquelle nous serions », a-t-il déclaré.
Il a rappelé qu'après « la dissolution d'il y a deux ans », et « le fait que l'État a quand même eu beaucoup de mal à être dirigé », « si nous n'avions pas été en zone euro, nous n'aurions pas eu la protection que nous avons aujourd'hui, et certainement que les taux seraient beaucoup plus élevés ».
Pour le banquier, « il faut espérer que l'élection présidentielle apportera une nouvelle perspective à la France pour revenir dans un mode de fonctionnement qui soit plus sain, plus serein ».
L'agence Fitch Ratings a maintenu vendredi la note de la dette souveraine de la France à A+ avec une perspective toujours stable. Les deux autres grandes agences de notation doivent se prononcer sur la note française dans les mois qui viennent : Moody's le 23 octobre, puis S&P Global Ratings le 27 novembre.















