Vous avez dépensé sans (trop) compter cet été, au risque de vous retrouver à découvert, comme le sont parfois un tiers des Français ? Vous appréhendez la rentrée et son lot de dépenses contraintes : fournitures scolaires, inscriptions aux activités, éventuel arriéré d'impôts, etc. ? Voici quelques rappels sur la manière d'analyser votre budget, pour mieux arbitrer et contrôler autant que possible les dérapages.

Etape 1 : vérifiez l'équilibre de votre budget

Cela peut paraître évident, mais il vaut mieux le rappeler : la clé pour éviter les dérapages est d'équilibrer autant que possible les montants qui entrent et sortent, chaque mois, de votre compte bancaire. Pour cela, il existe une méthode assez simple : calculer votre reste à vivre.

Le reste à vivre, en effet, c'est l'argent qu'il vous reste chaque mois pour vous alimenter, vous vêtir, vous divertir et épargner. Le calculer vous permet donc de connaître la marge de manœuvre dont vous disposez pour vos courses de rentrée ou vos frais d'inscription aux activités.

Ce reste à vivre est le résultat de la formule suivante :

Total des ressources — Total des charges fixes — Total des crédits

Voici les éléments à considérer dans ce calcul.

  • Ressources : salaires, retraites ; allocations (chômage, RSA, etc.) ; pensions et prestations familiales, bourses, aides, etc. ; aides familiales ; revenus mobiliers et immobiliers ; autres ressources (remboursements, primes, etc.)
  • Charges fixes : loyer, charges ; électricité, eau, chauffage ; télécoms (téléphone, mobile, internet, TV) ; impôts sur le revenu ; taxe d'habitation ; taxe foncière ; assurance habitation ; assurance voiture ; mutuelle ; transport ; scolarité / cantine / garde d'enfant ; pensions alimentaires ; abonnements divers (jeux vidéos, streaming, salle de sport, etc.)
  • Crédits : crédits immobiliers, assurances crédits ; crédits à la consommation.

Pour calculer ce reste à vivre, il va vous falloir remonter dans votre historique de compte bancaire et additionner les opérations récurrentes entrant dans chaque catégorie. Certaines banques, les plus modernes, font une partie du travail pour vous, en catégorisant automatiquement vos opérations et en vous permettant de visualiser votre budget par postes.

Une autre solution consiste à utiliser l'application web à but non lucratif baptisée BGV (Budget Grande Vitesse). Labellisée EDUCFI (1) par la Banque de France, elle calcule automatiquement votre reste à vivre en analysant directement votre historique bancaire, dans le respect de la réglementation sur les données personnelles.

Reste à vivre : les seuils d'alerte à connaître pour maîtriser votre budget

Etape 2 : augmentez vos ressources et/ou diminuez vos charges

Votre reste à vivre est un peu court pour faire face sereinement à vos dépenses de rentrée ? Il n'y a pas 36 solutions, mais deux leviers seulement pour éviter les ennuis : augmenter vos ressources et/ou diminuer vos charges.

Évidemment, c'est plus facile à dire qu'à faire. Côté ressources surtout : en effet, vous n'avez pas la main sur le montant de votre salaire ou des allocations que vous touchez. Il y a toutefois une piste à explorer : s'assurer que vous avez fait le tour des aides auxquelles vous avez le droit. On estime, en effet, à 30% la part des personnes légalement éligibles à des aides sans le savoir. Un site web gouvernemental peut vous y aider : mesdroitssociaux.gouv.fr. L'application BGV déjà citée vous permet également de calculer facilement votre éligibilité aux aides nationales et locales.

Vous aurez plus de marge de manœuvre côté charges fixes. De nombreux postes peuvent, en effet, être optimisés, avec à la clé des économies mensuelles pouvant se chiffrer en centaines d'euros.

Déroulez à nouveau votre historique bancaire, sur au moins 30 jours, à la recherche de toute dépense récurrente superflue. Des abonnements oubliés ou inutiles, par exemple (jeux en ligne, streaming audio et vidéo, salles de sport, etc.).

Deuxième étape : diminuez vos factures en comparant les offres disponibles. Énergie, banque, assurances, télécoms : tous ces marchés sont ouverts à la concurrence. À prestations égales, il existe donc des différences de prix entre les acteurs, dont vous pouvez tirer parti. C'est fastidieux, certes, mais vous pouvez vous faciliter la vie en recourant à des comparateurs spécialisés, comme ceux proposés par MoneyVox pour la banque et l'assurance.

Troisième conseil : jouer la carte de la sobriété. La douche plutôt que le bain (a fortiori dans le contexte actuel de sécheresse) ; les transports en commun plutôt que la voiture ; le réemploi plutôt que le neuf... Certains changements dans vos habitudes de consommation peuvent faire une réelle différence.

Etape 3 : épargnez pour la prochaine fois

Dernier conseil : si ce n'est pas déjà le cas, constituez-vous une épargne de précaution, en mettant un peu d'argent de côté chaque mois. Cela vous permettra, l'an prochain, de couvrir vos dépenses de rentrée, mais aussi de faire face à une dépense imprévue sans creuser un découvert ou de financer un projet sans recourir au crédit à la consommation, souvent coûteux.

Les spécialistes de la gestion budgétaire conseillent généralement de mettre de côté entre 10% et 20% de vos rentrées d'argent tous les mois. Idéalement, déterminez la somme que vous voulez mettre de côté et mettez en place un virement automatique en début de mois, juste après le versement de vos revenus. Objectif : disposer de l'équivalent de 2 à 3 mois de revenus, sur un compte rémunéré, sécurisé et liquide. De ce point de vue, les livrets réglementés - Livret A et LDDS (1,70% net de fiscalité) ou, si vous y avez droit, LEP (2,50% net) - sont des supports idéaux.

Tout cela est évidemment plus facile à dire qu'à faire, surtout quand on a des revenus limités. Toutefois, même quelques dizaines d'euros par mois peuvent, une fois accumulées, représenter un grand secours.

(1) Programme national visant à améliorer les connaissances et compétences pratiques sur des notions d'éducation économique, budgétaire et financière. Ce label garantit la neutralité, la fiabilité, l'accessibilité et la gratuité de l'application.