3,8 millions Cest le nombre de Français détectés fragiles financièrement à fin 2020, daprès lObservatoire de linclusion bancaire de la Banque de France dévoilé le 17 juin, soit 7% de la population âgée de plus de 15 ans. Un nombre en hausse de 12% par rapport à fin 2019. Si la pandémie et les difficultés financières qui en ont découlé peuvent expliquer cette hausse importante, lObservatoire lanalyse aussi de manière plus positive en y voyant le signe dune meilleure détection de la part des banques.
« Au fil des années et des améliorations apportées aux dispositifs de détection des situations de fragilité financière, la part des clients détectés uniquement lors de la recevabilité de leur dossier de surendettement, ou bien après trois mois dinscription au FCC [fichier central des chèques qui liste les personnes qui nont pas le droit démettre des chèques et dutiliser une carte bancairen ndlr], diminue. Sur lensemble de lannée 2020, elle ne représente plus que 14% des détections, en baisse de 5 points sur un an », explique ainsi la Banque de France. Etre détecté fragile permet de bénéficier dun plafonnement des frais dincident à 20 ou 25 euros par mois.
Obligation de renégocier un crédit conso en souffrance
Mais pour prévenir le risque de surendettement et limiter les frais dincident, 8 députés de lUDI proposent den passer par la loi avec de nouvelles mesures dencadrement, au nombre de trois. Ainsi, tout dabord, ils souhaitent imposer aux banques de proposer la renégociation dun crédit à la consommation, dès lors que lemprunteur na pas, à deux reprises, payé sa mensualité. Rappelons que dores et déjà, les banques doivent soumettre à leurs clients à découvert de plus de 200 euros depuis 90 jours une offre de prêt à la consommation. Cela permet dabaisser la charge de la dette.
Les dépositaires de cette proposition de loi relative au surendettement, enregistrée le 1er juin à lAssemblée nationale, aspirent aussi à plus de transparence sur lensemble des frais de découvert facturés. Ils veulent que lobligation dinformation gratuite préalable des clients sapplique aussi aux agios. Concrètement de la même manière que les établissements bancaires doivent prévenir, via le relevé de compte, au moins 14 jours avant leur application la facturation de commissions dintervention, chèques sans provision et autres lettres dinformation et les sommes en jeu, ils devraient en faire de même pour les intérêts débiteurs.
Enfin, et ce nest quindirectement lié à la clientèle fragile, les 8 députés proposent également de plafonner à 10 euros les frais de désolidarisation du compte joint. Cette opération, qui consiste à transformer un compte joint en deux comptes individuels, peut intervenir en cas de séparation ou de divorce, un coup dur qui, on le sait, peut entraîner des difficultés à joindre les deux bouts. « Si généralement ils sont dune trentaine deuros, certaines banques nhésitent pas à monter jusquà 100 euros », observent les députés. Selon Capital, cette proposition de loi pourrait être présentée dici fin 2021.




















