Carte bancaire, frais de tenue de compte ou encore retraits d’argent… Les banques ont la main lourde sur certains services bancaires du quotidien. Voici 4 conseils pour contourner les hausses de tarifs de 2021.

En fonction de la carte bancaire choisie, du nombre de retraits et autres opérations faites en agences, les banques qui changent de prix début 2021 – près d’une enseigne sur deux - vont augmenter jusqu’à 4% les tarifs bancaires de leurs clients, selon nos estimations. Sans être ni surprenantes, ni révolutionnaires, les brochures tarifaires pour 2021 confirment et exacerbent les évolutions de prix déjà à l’œuvre les années précédentes. Nos propositions pour réduire la facture.

1. Limiter les passages aux distributeurs d’argent

Entretenir et gérer l’approvisionnement en billets des distributeurs automatiques est une charge que les banques veulent limiter, dans un contexte délicat pour leur équilibre financier. Pour financer la gestion de leurs automates, les banques se facturent, entre elles, des commissions dites interbancaires. Précisément, à chaque fois que vous utilisez un DAB d’un établissement concurrent, votre banque paie 89 centimes d’euro à l’établissement qui possède le distributeur. C’est pourquoi, lorsque vous retirez en dehors du réseau de votre banque, celle-ci peut vous facturer des frais de retraits déplacés. Ces derniers augmentent sévèrement en 2021 dans les banques qui revoient cette ligne tarifaire. Dans ces établissements, effectuer 4 retraits déplacés par mois avec une Visa Classic ou une Mastercard standard va coûter en 2021 en moyenne 16,20 euros, contre 9,40 euros en 2020.

Bonne nouvelle : il est possible de réduire drastiquement le coût des retraits déplacés. Comment ? En privilégiant les bornes de sa banque. Pour ce faire, certains établissements, comme la Caisse d’Epargne, ont doté leurs applications d’un outil pour géolocaliser les DAB à proximité. Deuxième solution : faire un seul gros retrait par mois plutôt que de multiplier les passages aux distributeurs... Les banques octroyant en principe au moins un retrait déplacé gratuit par mois avec un carte classique.

Enfin, pour échapper aux frais de retraits déplacés, vous pouvez ouvrir un compte dans une banque en ligne. A de rares exceptions près (comme l’offre Essentielle d’ING), leurs cartes bancaires gratuites ou à bas prix permettent de retirer sans frais dans les distributeurs de la zone euro, voire en dehors également.

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2. Utiliser l’application de votre banque

Virement, modification des plafonds de votre carte, demande d’envoi d’un chéquier ou encore opposition sur carte bancaire… Ces opérations réalisées en agences ou via le service client par téléphone vous coûtent de plus en plus cher. « Il n'est plus rare de voir pour ces opérations trois voire quatre niveaux de facturation qui sont fonction du canal par lequel elles sont réalisées : en agence, via le centre de relation client, via l'interface client en internet fixe ou encore via l'application mobile. Dans ce dernier cas, la gratuité est très souvent la pratique dominante, totalement en adéquation avec les stratégies de selfcare [faire soi-même, ndlr] promues par les banques », observe ainsi Laurent Trichet, fondateur du cabinet d’études Sémaphore Conseil.

Illustration en 2021 avec le virement. Effectué en agence ou au téléphone, le coût d’un virement occasionnel augmente de 1% à 25% dans les banques qui changent de prix. Résultat : cette opération revient entre 4 et 5 euros dans la majorité des banques. En revanche, les virements occasionnels sont gratuits lorsqu’ils sont réalisés en ligne ou via l’application mobile (à l’exception de la Bred et de la Banque de Savoie). Pour les virements instantanés, le surcoût est encore plus important. En ligne, ils peuvent être gratuits via Paylib entre amis. Mais le plus souvent, ils coûtent aux alentours de 1 euro. C’est peu sachant que les virements en temps réel, émis en agence, peuvent être facturés plus de 10 euros selon les banques et les montants virés.

Que faire avec votre appli ?

Virement, opposition mais aussi pilotage de la carte bancaire, les applications gratuites des banques ne sont pas toujours faciles à prendre en main. Pour connaître la liste des fonctionnalités de l’appli de votre établissement bancaire, vous pouvez consulter l'étude exclusive de MoneyVox.

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3. Opter pour les nouveaux packages à 2 euros

Pour concurrencer les banques en ligne et les néobanques, les réseaux traditionnels proposent désormais presque toutes une offre groupée de services, d’entrée de gamme, à 2 euros par mois. Baptisées Kaspul à la Société Générale, Eko et Globe-Trotter au Crédit Agricole, Essentiel chez LCL ou encore Enjoy à la Caisse d’Epargne, ces formules se composent d’un compte, sans découvert autorisé, d’une carte à contrôle de solde, ainsi que de l’accès à l’espace client et à l’application mobile.

Ces formules sont volontairement limitées. Mais elles sont suffisantes pour une personne, seule, ayant essentiellement besoin d’une carte bancaire et qui gère son compte à distance. Surtout, elles s’avèrent moins onéreuses qu’un compte avec une carte bancaire à contrôle de solde souscrit en dehors du package. Par exemple, au Crédit Agricole, l’Autre Carte (carte d’entrée de gamme à autorisation systématique) est facturée une vingtaine d’euros par an. En ajoutant les frais de tenue de compte (jusqu’à 30 euros par an selon les caisses régionales), le compte Eko revient donc 2 fois moins cher qu’une offre « compte et carte » semblable souscrite « à la carte ».

Lire aussi : Eko, Kapsul, Nickel… Que valent les comptes bancaires « à 2 balles » ?

Parfois, le durcissement des frais de tenue de compte participe directement à rendre plus attractives l’ensemble des offres groupées des banques. En 2021, cela risque d’être le cas au Crédit Agricole Pyrénées Gascogne qui, pour la première fois, va facturer 24 euros par an de frais de tenue de compte à ses clients n’ayant pas de package. Autre exemple : à la Bred, l’augmentation de 6 euros des frais de tenue de compte, à compter du 1er janvier, n’a pas été répercutée sur les cotisations des packages.

4. Négocier et faire jouer la concurrence

Comme nous l’expliquait récemment Aurélien Soustre, cadre commercial en banque de détail, en matière de tarifs bancaires, il y a la règle (les prix indiqués dans les brochures tarifaires) et il y a la pratique (les frais réellement prélevés). Obtenir des réductions sur les frais bancaires est en effet possible. Carte, package, frais de versement en assurance vie, frais de dossier de prêt immobilier, indemnités de rachat anticipé… l’ensemble des frais, ou presque, peuvent être négociés, d'après les conseillers bancaires sollicités. A condition néanmoins d’être un bon client ! C’est-à-dire une personne qui détient plusieurs dizaines de milliers d’euros d’épargne, qui est multi-équipée (compte, assurance auto et habitation, crédit, télésurveillance…) ou encore d'être un jeune actif voué à voir ses revenus rapidement augmenter.

Et si la négociation échoue, il vous reste l’option d’ouvrir un compte bancaire dans un établissement à la politique tarifaire plus douce. Les enseignes les plus compétitives demeurent les banques en ligne. Selon notre classement des banques les moins chères, une personne qui gère son compte en autonomie, dispose d’une carte bancaire classique et effectue quelques paiements et retraits en dehors de la zone euro, ne paie aucuns frais bancaires chez Boursorama, ING et Fortuneo. En comparaison, à La Banque Postale et au Crédit Coopératif – deux banques avec agences pourtant connues pour la faiblesse de leur prix – ce client s’acquite d’une soixantaine d’euros par an de frais bancaires.

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