Votre banque ne vous taxe pas directement l’argent sur votre compte courant. En revanche, elle vous facture des frais de tenue de compte, que s’apprêtent à augmenter plusieurs Crédits Agricoles, la Bred ou encore La Banque Postale.

Taxer vos dépôts ? Un tabou que les banques de détail françaises ne semblent pas être prêtes à briser. C’est en tout cas le message qu’elles diffusent, à l’image de la Société Générale pour qui « le sujet n’est pas à l’ordre du jour », expliquait-elle récemment à MoneyVox.

Si à l’étranger, comme en Suisse ou en Allemagne, la taxation des dépôts sur les comptes bancaires est plus répandue, en France, seules quelques banques privées et la banque mobile N26, d’origine allemande, ont franchi le cap. Et encore, cela ne concerne qu’une poignée de clients. Chez N26, par exemple, seuls les dépôts supérieurs à 50 000 euros, des personnes clientes depuis le 19 octobre et n’ayant pas opté pour la carte Metal, sont concernés. N26 justifie cette taxation par les taux interbancaires négatifs qui pèsent sur la rentabilité des banques.

Les Français sont-ils toutefois si bien lotis ? Leur compte courant est-il totalement à l’abri des répercussions du contexte économique sur leur banque ? Pas si sûr. En effet, si aucune banque de détail, ou presque, n’ose pour l’heure appliquer un taux d’intérêt négatif sur les dépôts, 9 enseignes sur 10 facturent des frais de tenue de compte. Ils sont censés rémunérer les banques pour la gestion quotidienne du compte. Ces frais représentent en moyenne plus de 24 euros par an selon les chiffres compilés par MoneyVox. Imaginons que vous laissiez 1 000 euros en moyenne sur votre compte, ces 24 euros prélevés reviennent finalement à vous appliquer un taux d’intérêt négatif de 2,4% par an.

Une variable d’ajustement en cas de crise

Or, les frais de tenue de compte ont tendance à flamber lorsque le secteur bancaire se trouve sous pression. En 2015 - année durant laquelle la Banque centrale européenne avait débuté son programme de rachat d’actifs massif pour éviter la déflation et relancer l’économie – les frais de tenue de compte avaient bondi de 34% dans les 10 grands groupes bancaires français, d’après nos calculs (1).

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En 2021, dans le contexte de la crise du coronavirus, la hausse ne devrait pas être aussi généralisée. Mais, sur les 61 banques s’apprêtant à revoir leur plaquette tarifaire, 14 enseignes prévoient tout de même d'augmenter leurs frais de tenue de compte et parfois lourdement. C’est le cas au Crédit Agricole Pyrénées Gascogne. Alors que cette banque régionale faisait encore partie des rares établissements avec agences à ne pas facturer de frais de tenue de compte à ses clients, elle les fera payer 2 euros par mois, soit 24 euros par an, à partir du 1er janvier.

La Bred a aussi décidé une grosse hausse pour 2021 : +25%. Les frais de tenue de compte passeront ainsi de 24 euros annuels à 30 euros au 1er janvier, soit à un niveau au-dessus de la moyenne nationale. D’autres banques se montrent un peu plus mesurée en augmentant de 1 à 2 euros par an leurs frais de tenue de compte, comme la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, la Caisse d’Epargne Loire-Centre, le Crédit Agricole Loire Haute-Loire ou encore La Banque Postale. A la banque citoyenne, ces frais reviendront précisément à 14,40 euros en 2021, contre 13,20 euros en 2020.

Il s’agit, ici, du montant des frais de tenue de compte facturer lorsque le client n’a pas souscrit à un package bancaire. Dans le cadre d’une offre groupée de services, les banques font souvent le choix de ne pas, ou moins, faire payer de frais de tenue de compte. Cette différenciation vise aussi à inciter les clients à prendre des packages qui ne s’avèrent pas toujours avantageux.

Voir la liste des banques les moins chères

(1) Crédit Agricole, Caisse d’Epargne, Crédit Mutuel, Banque Postale, Banque Populaire, CIC, LCL, BNP Paribas, Société Général e Crédit du Nord.