L'essentiel

  • Les récentes données sur les interventions pour impayés de factures d'énergie révèlent des difficultés persistantes des Français.
  • Le Médiateur de l'énergie suggère de réautomatiser l'attribution du chèque énergie, de moins en moins perçu depuis la suppression de la taxe d'habitation.
  • Il est proposé que l'attribution soit basée uniquement sur le revenu fiscal de référence par unité de consommation.

En 2025, 1,2 million d'interventions pour impayés ont été mises en œuvre à la demande des fournisseurs de gaz et d'électricité. Ces données qui viennent d'être publiées montrent les difficultés toujours importantes des Français et le haut niveau de précarité énergétique. Face à ce phénomène inquiétant, le Médiateur de l'énergie a appelé à réautomatiser l'attribution du chèque énergie.

Chèque énergie : Combien ? Quand ? Comment ?

« La campagne 2025 a mis en évidence les limites du dispositif d'attribution semi-automatique mis en place à la suite de la suppression de la taxe d'habitation. » En effet, 3,8 millions de ménages ont reçu le chèque énergie 2025 automatiquement, contre plus de 5,5 millions les années passées. « Le nombre de bénéficiaires rattrapés à la suite de demandes faites sur le guichet en ligne (...) ne devrait pas dépasser quelques centaines de milliers, laissant de côté les foyers les plus fragiles ».

« Risque accru de non-recours »

Bernard Doroszczuk pointe « un risque accru de non-recours pour les ménages les plus fragiles ». Il propose donc que le chèque énergie soit attribué à l'ensemble des ménages à partir du seul revenu fiscal de référence, rapporté au nombre d'unités de consommation, inférieur à un seuil déterminé et sur la base exclusive des données fiscales déjà détenues par l'administration.

Actuellement, pour vérifier les bénéficiaires, le revenu fiscal de référence est croisé avec le point de livraison (pdl) de l'habitation, pour éviter que plusieurs chèques énergie soient attribués pour un même logement, si ceux qui y habitent effectuent chacun une déclaration de revenus. Problème, toutes les personnes éligibles sont loin d'être identifiées par l'administration pour l'envoi automatique et les ménages oubliés ne réclament pas tous cette aide.

« En dépit d'effets de bord qui resteront en tout état de cause limités, cette évolution permettrait de revenir à un mécanisme pleinement automatique, proche de celui qui existait avant la suppression de la taxe d'habitation, et de sécuriser le versement pour l'ensemble des ménages éligibles, sans dépendre de démarches individuelles ou de la qualité des bases de données utilisées », plaide le médiateur.

Frais réduits, protections en cas d'impayés des factures... Les avantages cachés du chèque énergie