Autorégulation ou loi ? En matière de plafonnement des frais bancaires, les pouvoirs publics ont longtemps opté pour la première solution : afficher les avancées souhaitées par lexécutif et laisser les banques sorganiser à leur guise pour les mettre en uvre. Cétait le cas, notamment, des mesures destinées à soulager les clients bancaires dont la situation financière se dégrade : les engagements des banques avaient pris la forme dun « bon usage professionnel », un document qui affiche la doctrine à suivre, mais sans contraintes, ni pénalités.
Ces derniers mois toutefois, le ton a changé. Face à la passivité de certaines banques dans laccompagnement des clients dits « fragiles », le gouvernement a finalement choisi de passer par la loi. Fin juillet, il a précisé par décret les critères dappréciation de la fragilité financière. Cette fois, il vient denrichir la « charte d'inclusion bancaire et de prévention du surendettement », un document signé par la profession - via lAssociation française des établissements de crédit et des entreprises dinvestissement - et homologuée par Bercy dans un arrêté publié ce lundi au Journal officiel.
Deux plafonds clairs pour les clients fragiles
Résultat : pour la première fois, les deux plafonds limitant les frais dincidents de paiement pouvant être facturés aux clients en difficulté financière sont clairement indiqués dans un texte de nature réglementaire :
- 25 euros par mois pour lensemble des clients identifiés comme « fragiles financièrement », selon des critères dappréciation que la banque doit rendre public.
- 20 euros par mois et 200 euros par an pour les clients ayant accepté de souscrire à l'Offre Client Fragile, un package bancaire sans chéquier ni possibilité de découvert.
À noter quil sagit de montants maximums : chaque banque est libre dadopter des plafonds moins élevés, « en fonction de ses propres coûts et de sa politique d'inclusion bancaire, dans le respect du droit de la concurrence », précise la charte.
Plus dinfos sur laccompagnement des personnes en situation de « fragilité financière » dans les banques
Les 9 frais dincident inclus dans le plafonnement
Autre évolution de la charte : elle inclut désormais la liste des 9 lignes de frais qui doivent être incluses dans le plafonnement. Les voici, pour rappel :
- Les commissions d'intervention ;
- Les frais de lettre d'information préalable pour chèque sans provision ;
- Les frais de lettre d'information pour compte débiteur non autorisé ;
- Le forfait de frais par chèque rejeté pour défaut de provision ;
- Les frais de rejet de prélèvement pour défaut de provision ;
- Les frais de non-exécution de virement permanent pour défaut de provision ;
- Les frais suite à notification signalée par la Banque de France d'une interdiction d'émettre des chèques ;
- Les frais pour déclaration à la Banque de France d'une décision de retrait de carte bancaire ;
- Les frais d'opposition (blocage) de la carte par la banque.
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