25 euros par mois, et 300 euros par an : ce sont, depuis fin 2019, les sommes maximales que peuvent facturer les banques, au titre des incidents de paiement (commissions dintervention, frais de rejets, frais denvoi de lettre, etc.), à leurs clients en difficultés. A condition bien sûr que ces difficultés soient effectivement détectées et reconnues comme tel.
Face à la diversité des critères utilisés pour détecter cette fragilité financière - qui fait quà situation égale, on peut être fragile dans une banque et pas dans une autre - le gouvernement avait promis, début juin, dapporter des précisions par décret. Cest chose faite depuis ce mercredi matin, et la publication au Journal officiel du décret en question (1), dont lentrée en vigueur est prévue au 1er novembre 2020.
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Plafonnement automatique après 5 incidents en un mois
Le décret modifie deux critères d'appréciation de cette situation de fragilité financière. Le premier concerne le nombre dincidents de paiement, au-delà duquel les difficultés financières du client sont avérées. Jusquici, aucun seuil nétait imposé aux banques : chacune faisait donc ce quelle voulait. A compter du 1er novembre prochain, le client qui accumulera « cinq irrégularités ou incidents au cours d'un même mois » devra être automatiquement considéré comme fragile financièrement pour 3 mois au moins, et donc bénéficier, durant cette période, du plafond de 25 euros.
Autre clarification apportée par le décret : les clients dont le dossier de surendettement est en cours de traitement seront également, à compter du 1er novembre, éligibles instantanément au statut de client fragile, et ce pendant la durée de leur inscription au FICP (fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers). Auparavant, seuls les débiteurs dont le dossier avait été déclaré recevable par la Commission de surendettement était dans ce cas.
Maintien des critères de revenus
En revanche, comme le craignaient les associations de consommateurs, le décret nencadre pas les plafonds des revenus ou de flux créditeurs utilisés par la plupart des banques pour exclure du statut les clients enregistrant des rentrées dargent trop élevées. Des plafonds qui oscillent aujourdhui selon les enseignes entre 1 000 euros et 1 900 euros par mois.
Dans un communiqué, l'Union nationale des associations familiales (UNAF), à la pointe du combat contre les frais bancaires abusifs, dénonce ainsi le maintien de ce critère de revenu, qui « ferme les portes à ceux confrontés aux accidents de la vie et à une chute brutale de ressources ». Elle demande également au gouvernement de « trouver, avec les banques, la voie d'une tarification responsable, qui protégerait l'ensemble des clients sans attendre leur appauvrissement. »
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(1) Décret n° 2020-889 du 20 juillet 2020 modifiant les conditions d'appréciation par les établissements de crédit de la situation de fragilité financière de leurs clients titulaires de compte




















