Remise en contexte. En décembre 2018, au paroxysme du mouvement des Gilets jaunes, le président de la République Emmanuel Macron avait sommé les banques de réduire les frais bancaires, notamment pour les clients en difficultés financières. Cet appel sest traduit par la mise en place dun plafond sur les frais dincidents. Ainsi, depuis février 2019, les commissions dintervention, les lettres dinformations et autres frais de rejet sont, en cumulé, plafonnés à 25 euros par mois pour les clients détectés fragiles, mais nayant pas souscrit à loffre de compte courant qui leur est dédiée. Pour ceux ayant accepté loffre spécifique clientèle fragile, un plafond à 20 euros mensuels et 200 euros annuels sapplique depuis juin 2019.
En vigueur donc depuis quelques mois, cette restriction sur les frais de découvert pèse sur les résultats financiers de la plupart des banques, à en croire leurs rapports semestriels publiés ces dernières semaines. BNP Paribas, le Crédit Mutuel, la Société Générale et La Banque Postale expliquent en effet toutes la baisse des commissions perçues dans la banque de détail par les engagements pris pour les populations fragiles.
Dans le détail, la Société Générale souligne que, sur le deuxième trimestre 2019, ses commissions ont baissé de 1,2% par rapport à lannée précédente sous limpact, entre autres « des engagements de lindustrie bancaire pour les populations fragiles ». Un déclin que la banque rouge et noire surnomme dailleurs « effet Gilets Jaunes ».
Du côté du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, largumentaire est identique : « La politique de gel des tarifs pour lensemble de la clientèle des particuliers et le plafonnement des frais dincident pour la clientèle fragile ont un effet sur la croissance des commissions qui est limitée à +0,8% », écrit ainsi le groupe mutualiste dans son rapport semestriel.
Une perte qui atteint plusieurs dizaines de millions deuros
BNP Paribas et surtout La Banque Postale se montrent encore plus explicites quant à leur manque à gagner. « Nous sommes [ ] très sensibles ce semestre au plafonnement des frais » d'incident bancaires qui ont coûté 39 millions d'euros sur la période », détaillait ainsi Rémy Weber, président du directoire de La Banque Postale, en marge de la publication des performances de la banque. Cela lui permet, au passage, de justifier le repli de 4,1%, à 2,6 milliards deuros, du produit net bancaire léquivalent du chiffre daffaires de la banque de détail au premier semestre 2019, par rapport aux 6 premiers mois de 2018.
Sagissant de la banque dun monde qui change, la baisse des commissions se chiffre aussi en dizaines de millions deuros. Alors quau premier semestre 2018, BNP Paribas avait perçu 1,422 milliard deuros de commissions grâce aux frais bancaires, le gain ainsi généré de janvier à fin juin 2019 est tombé à 1,39 milliard deuros, soit une perte de 32 millions. Là encore, la responsabilité incombe aux engagements pris, selon lenseigne. « Les commissions sont en baisse de 2,2% du fait notamment de la baisse des tarifs pour les clientèles fragiles », écrit BNP Paribas.




















