Fin du suspense : cest le 6 juillet prochain quOrange lancera loffre de compte bancaire grand public (1) annoncée depuis maintenant près de 2 ans. Stéphane Richard, le patron du 1er opérateur français, en a dévoilé en personne les contours ce matin, à loccasion du Show Hello, un rendez-vous annuel destiné à dévoiler les lancements à venir du groupe spécialisé dans les télécoms. Orange Bank a dailleurs un peu éclipsé les autres annonces, celle notamment de lassistant virtuel Djingo. Et pour cause : son lancement fera date. Cest la première fois en France, en effet, quun opérateur télécom engage une diversification sur le marché de la banque de détail, et le fait avec un grande ambition : 2 millions de clients espérés à terme.
Pour y parvenir, Orange a fait le pari de la rupture avec loffre existante. « Le secteur bancaire français na pas encore fait sa véritable transformation numérique », a ainsi commenté Stéphane Richard, seul sur la scène du Show Hello, dans la plus pure tradition des keynotes des géants technologiques. « Les grands acteurs se sont contentés de transférer leurs services sur internet, avec les mêmes contraintes que dans le monde physique ». Orange espère lui ouvrir « une nouvelle ère pour la banque », rien que ça, avec un enseigne « nativement digitale et prioritairement mobile », « pensée par des experts du numérique ».
Une carte au design innovant
A quoi va réellement ressembler Orange Bank à son lancement, le 6 juillet prochain ? Pas forcément à la révolution annoncée, au moins pour ceux qui suivent lémergence, depuis deux ans, des « néobanques », incarnées en France par le Compte Nickel ou en Europe par lAllemande N26, dont lopérateur français semble sêtre beaucoup inspirée.
Loffre Orange Bank sarticulera ainsi autour dune application mobile, qui permettra daccéder à lensemble des services, y compris louverture de compte, et dune carte bancaire internationale Visa, dont la principale innovation réside dans le design, dévoilé sur Twitter par Marc Rennard, directeur général adjoint chargé dOrange Bank.
Le paiement mobile en tête de gondole
Chez Orange Bank, pas de Premier ou dInfinite : la nouvelle enseigne proposera, dans un premier temps au moins, un type de carte unique, dont Marc Rennard promet quelle aura « toutes les fonctions dune carte haut de gamme ». Elle devrait toutefois être à autorisation systématique, condition nécessaire pour permettre linstantanéité du report des opérations sur le solde, promise par Orange. Comme les autres cartes des néobanques, et de plus en plus souvent des banques traditionnelles, la carte pourra être bloqué et débloqué en temps réel depuis lapplication mobile.
La carte ne sera pas, par ailleurs, lunique moyen de paiement rattaché au compte. On ne sait pas encore si Orange Bank proposera des chéquiers à ses clients. En revanche, lenseigne compte bien capitaliser sur lexpérience acquise grâce à Orange Cash, en plaçant le paiement mobile sans contact au même niveau que la carte bancaire.
Autre standard des banques nouvelle génération adopté par Orange : les virements pourront être initiés par lenvoi dun SMS au destinataire, à qui il sera proposé de renseigner lui-même les coordonnées de son compte bancaire.
Une « banque apprenante »
Voilà pour les points communs avec les néobanques. Mais Orange Bank va, dès son lancement, aller un peu plus loin. Forte de lagrément bancaire complet acquis grâce au rachat de Groupama Banque, lenseigne va en effet proposer dès son lancement à ses clients un découvert autorisé et un livret dépargne rémunéré, dont on ne connait pas encore le rendement. Pour accéder à un catalogue de produits bancaires encore plus large - du crédit et de lassurance notamment -, il faudra attendre.
Stéphane Richard a promis une « banque apprenante », dont les « services ne cesseront de senrichir » en fonction des besoins affichés par les clients. Le patron dOrange a ainsi dores et déjà annoncé dans un futur proche un « service prédictif de gestion de compte », de « lépargne sur mesure » et de lassurance pour des besoins ponctuels, comme un voyage à létranger. Orange Bank devrait également prendre le train de lOpen Banking, en permettant à des services tiers, développés par exemple par des fintechs, de sarrimer à son offre.
Enfin, les clients dOrange Bank pourront compter sur un accès 24/7 à un conseiller bancaire, via le tchat. Mais il sagira dun conseiller virtuel : la nouvelle enseigne va en effet sappuyer, comme le Crédit Mutuel notamment, sur Watson, lintelligence artificielle développée par laméricain IBM. Celle-ci, promet Stéphane Richard, sera capable deffectuer des opérations de base (des virements par exemple), mais aussi de donner des conseils dépargne et de gestion de compte. Et si Watson ne suffit pas, Orange a prévu une équipe « de plus de 100 personnes appartenant au centre de la relation client dOrange Bank », détaille un communiqué de lopérateur.
La gratuité, une bonne surprise
Comme toute keynote qui se respecte, celle dOrange sest achevée par un One More Thing, une annonce de dernière minute. Elle a concerné le prix dOrange Bank. Les quelques indiscrétions sur le sujet évoquaient en effet des tarifs hyper-compétitifs, de lordre de quelques euros par mois. Il sagissait en fait dune fausse piste : laccès au compte et à la carte Orange Bank sera gratuit. Et contrairement aux banques 100% en ligne, Orange Bank nimposera pas de conditions de revenus ou de dépôts.
Gratuit, à condition dutiliser le compte : Orange demandera à ses clients deffectuer au moins 3 paiements (par carte ou mobile) ou retraits (par carte) par mois. A défaut, des frais de tenue de compte, à hauteur de 5 euros par mois, seront perçus. Pour ce qui est des autres lignes tarifaires (retraits en espèces, paiements en devises, taux appliqués aux découverts, etc.), il faudra attendre : Orange Bank n'a pas encore dévoilé sa grille.
(1) Avant cela, le service sera ouvert mi-mai uniquement aux collaborateurs dOrange.
















