La technologie NFC (pour Near Field Communication, communication en champ proche), qui permet de régler des achats de vingt euros maximum sans introduire sa carte bancaire dans le terminal de paiement ni entrer son code, comporte « dimportantes failles sécuritaires », écrit lUFC-Que Choisir, qui reprend ainsi à son compte une inquiétude récurrente sur ces nouvelles cartes, exprimée notamment par la CNIL (Commission nationale Informatique et Libertés). « Dune part, en cas de vol de la carte, il devient plus facile deffectuer des paiements et retraits (le code nest pas nécessaire) », souligne lassociation ; « dautre part, les pirates peuvent aspirer les données au moment où elles sont émises à distance par la carte. »
lUFC rappelle en effet que les banques ont fait le choix, pour des questions de coût, de ne pas chiffrer les données échangées entre la carte et le terminal : « Cest paradoxal : les cartes bancaires qui possèdent le dispositif NFC sont moins protégées quune carte permettant de prendre le métro », explique un consultant sécurité cité dans larticle, faisant référence au Pass Navigo parisien.
Difficile de renoncer au NFC
Mais UFC-Que Choisir ne se contente pas de critiquer les choix technologiques des banques. Lassociation dénonce également le « forcing » quelles effectuent pour équiper leurs clients, le plus souvent sans leur accord formel. Lors des ouvertures de compte ou des renouvellements, la majorité des enseignes fournit ainsi par défaut des cartes bancaires équipées de puces NFC. Seule La Banque Postale sollicite en amont le consentement de ses clients. Et si la plupart dentre elles acceptent de désactiver la fonction paiement, sur demande et à distance, la puce elle reste active et permet toujours linterception de données confidentielles.
Lire ou relire à ce sujet : Comment désactiver la fonction NFC de votre carte bancaire ?
Que se passe-t-il, alors, si un client inquiet demande expressément à bénéficier dune carte non-NFC ? La plupart des enseignes ont prévu ce cas de figure - seules Boursorama Banque et Axa Banque dérogent. Mais, selon UFC-Que Choisir, le renouvellement nest pas toujours aisé : certains clients ont dû menacer de quitter leur banque pour obtenir gain de cause.
Dans un autre article publié sur son site internet, lassociation rapporte également létrange attitude dHello bank, lenseigne 100% digitale de BNP Paribas. En réponse à un client qui demandait à bénéficier dune carte non-NFC, elle lui a expliqué quelle nen fournissait plus. Elle en a profité pour lui proposer de souscrire une assurance moyen de paiements, facturée 26,50 euros par an, afin de se prémunir des risques. Plutôt culotté, dautant que cette assurance, rappelle UFC-Que Choisir, « se révèle totalement inutile pour les paiements frauduleux par carte bancaire », les banques ayant lobligation de rembourser leurs clients, à moins dêtre en mesure de démontrer leur négligence ou leur malhonnêteté.

















