Le régulateur français du secteur financier cherche des solutions pour améliorer la lutte anti-blanchiment menée par les banques. Objectif : réduire le nombre de fausses alertes, et donc les blocages de compte sans préavis.

LCB-FT : l'acronyme désigne la « lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme », qui fait partie des obligations réglementaires pesant sur les acteurs du secteur financier, et notamment ceux qui tiennent des comptes pour les particuliers et les professionnels : les établissement de crédit et de paiement, ainsi que leurs agents proposant des applications de paiement.

Remplir cette mission n'est pas de tout repos, notamment pour les acteurs émergents qui partent de zéro, ou presque, en matière de conformité. Ce sont, en effet, des millions d'opérations qu'il faut surveiller chaque jour en quête de soupçons d'infractions, qui donnent ensuite lieu à des signalements aux autorités compétentes, Tracfin en France. Un exemple : la néobanque berlinoise N26 a récemment dû limiter les ouvertures de nouveaux comptes, à la demande du régulateur allemand, le temps d'améliorer « ses cadres de gouvernance et de gestion des risques ».

Cette difficulté à surveiller efficacement les comptes peut avoir un impact sur les clients. Chaque déclaration de soupçon, en effet, entraîne un blocage, voire une fermeture sans préavis du compte concerné. Des clients de bonne foi, mais victimes de fausses alertes, se retrouvent privés d'accès à leur argent. Récemment, les pratiques de l'application de paiement Lydia sur le sujet ont été publiquement dénoncées.

Ma banque a-t-elle le droit de fermer mon compte du jour au lendemain ?

Mutualisation des données

Comment faire pour éviter ces fausses alertes, nuisibles à l'image de ces marques qui ne font généralement que tenter de remplir leurs obligations ? L'ACPR (1) a une piste : encourager les banques à collaborer sur le sujet. Dans un communiqué daté du 9 mars, le « gendarme » français du secteur financier leur propose, en effet, de participer à « une expérimentation sur les méthodes collaboratives et la mutualisation de données dans le domaine de la [LCB-FT], et plus particulièrement celui de la détection des transactions suspectes ».

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Les transactions, en effet, passent au crible d'algorithmes qu'il faut « entraîner » à détecter les activités illégales. L'ACPR estime ainsi que mutualiser les données recueillies par les différents acteurs sur ces activités permettra d'améliorer ces algorithmes, de « réduire le nombre de fausses alertes et d'augmenter ainsi l'efficacité de la lutte contre le blanchiment », explique l'ACPR.

Les professionnels intéressés par l'expérimentation - « banques et prestataires techniques — sont invités à une réunion de présentation le 30 mars prochain. Elle se poursuivra en plusieurs étapes de travail, avant la mise en œuvre des méthodes retenues par les participants.

(1) Autorité de contrôle prudentiel et de résolution