Ancien directeur général à succès du groupe Arkéa, Ronan Le Moal a quitté ses fonctions début 2020 en touchant un chèque de plus de 3 millions d’euros, qui s’ajoute au solde de diverses rémunérations, pour atteindre un total de 5 millions d’euros. Des montants qui ne manquent pas de faire grincer les dents.

3,25 millions d’euros d’indemnités « dues au titre de la cessation de son contrat de travail » suite à sa démission + 713 510 euros d’indemnités « au titre de son épargne congés » + 1 million d’euros de rémunération annuelle sur l’année 2020 (177 084 euros en fixe, 852 998 euros en variable, 4 630 euros d’avantages en nature). Voici le détail des rémunérations perçues par l’ancien directeur général du groupe Arkéa, telles qu’elles sont présentées dans le document d’enregistrement universel 2020. Pour être complet, le même document précise en revanche que Ronan Le Moal n’a pas bénéficié de l’intéressement à long terme « compte tenu de la non atteinte par le groupe des critères de performance » sur la période 2018-2020. Et il a perdu ses droits au bénéfice du dispositif de retraite d’entreprise (article 39) puisqu’il n’a pas terminé sa carrière au sein du groupe.

Montants « inattendus » voire « choquants »

L’information, qui figure dans ce document public, a été mise en lumière jeudi dernier par Le Monde puis samedi par Le Télégramme. Dans les deux quotidiens, l’œuvre de Ronan Le Moal à la tête du groupe – 25 ans au sein d’Arkéa dont 12 ans à la direction – n’est pas mise en cause. Mais les sources internes et syndicales citées ne cachent pas leur étonnement : « Ronan Le Moal a bien géré l’entreprise, mais de tels montants sont choquants, pour une entreprise mutualiste qui compte 10 500 salariés », réagit une source interne citée par Le Monde. « Les montants versés sont inattendus et je les trouve énormes, réagit dans Le Télégramme le délégué syndical CFDT Bruno Grall. Pourtant, je ne pense pas qu’un salarié lambda puisse négocier quoi que ce soit quand il démissionne. »

Les sources citées par les deux quotidiens rappellent les recommandations du code Afep-Medef, code de bonne gouvernance pour les entreprises cotées, qui exclut l’existence d’indemnités de départ si le dirigeant part de sa propre initiative. Le groupe a livré la même réponse au Monde et au Télégramme : « Depuis 2019, le groupe ne fait plus référence au code Afep-Medef », écrit le quotidien breton. Une position d’ailleurs assumée dans le document d’enregistrement universel, où l’on peut lire la phrase suivante : « N’étant pas une société dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé, le Crédit Mutuel Arkéa a décidé de ne pas se référer au Code Afep-Medef. »

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Passage de relais ce mardi à la présidence

Le même débat risque de ressurgir dans un an, quand seront dévoilées par le même biais les éventuelles indemnités de départ de Jean-Pierre Denis. En effet, si l’ex directeur général Ronan Le Moal a quitté le groupe (dans un contexte compliqué pour la stratégie d’indépendance vis-à-vis de la Confédération nationale du Crédit Mutuel) en démissionnant en février 2020, le président du groupe Jean-Pierre Denis a lui commencé par prendre du recul avant de ne pas solliciter de renouvellement de son mandat. Sauf surprise, il passera la main ce mardi 11 mai, lors de l’assemblée générale du groupe, à Julien Carmona.

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