Le Crédit Mutuel de Corbeil-Essonnes a été condamné pour « imprudence et négligence » par le tribunal dEvry-Courcouronnes à verser plusieurs milliers deuros de dommages et intérêts à la famille dOcéane. L'établissement reconnaît sa faute : la mineure n'aurait jamais dû pouvoir déposer trois chèques falsifiés à la banque sans que ses parents soient prévenus. A la manuvre, son petit-ami de l'époque qui lui avait demandé d'encaisser les chèques volés avant de retirer le liquide grâce à sa carte bancaire.
Derrière cet épilogue judiciaire, il reste un drame. En mars 2018, alors âgée de 18 ans, Océane s'est suicidée pour avoir été victime de cette escroquerie, raconte Le Parisien. La jeune fille avait longuement expliqué son geste dans une lettre de quatre pages adressée à sa famille.
« Comment se fait-il quune mineure soit reçue sans son représentant légal ? »
Les chèques falsifiés avaient été découverts par le directeur de lagence du Crédit Mutuel, qui avait ensuite décidé de recevoir Océane la veille de son suicide pour lui expliquer quil sagissait dune escroquerie et lui conseiller daller en parler à ses parents. « Comment se fait-il quune mineure soit reçue sans son représentant légal ? », sétonne Laurence, sa grande sur dans les colonnes du quotidien. Selon elle, « il était bien spécifié sur son compte quelle ne pouvait ni déposer de chèques, ni dépasser un certain plafond lors de certains retraits. Or, elle a pu faire les deux, sans quil ny ait de garde-fous. »
En souvenir de sa sur, Laurence se bat désormais pour faire de la prévention sur les escroqueries aux faux chèques : « Cest devenu banal. Jai alerté le gouverneur de la Banque de France sur ce sujet, pour le sensibiliser sur laccès des mineurs aux outils bancaires. Les banques ne doivent plus pouvoir sen sortir en disant : Vous avez accepté de déposer le chèque, cest votre responsabilité. Cette décision, cest la reconnaissance dune erreur répétée. »


















