L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur français de la finance, a vanté mardi la bonne santé des secteurs de la banque et de l'assurance en France, tout en plaidant pour une poursuite des transformations dans divers secteurs.

Dans son rapport annuel présenté mardi lors d'une conférence de presse, l'ACPR a vanté « des banques et des assureurs français solides » dans un contexte de taux bas très pénalisants et de révolution numérique des usages des consommateurs. Plus particulièrement, « les banques françaises ont renforcé leur solvabilité et sont aujourd'hui résistantes. Leurs fonds propres ont ainsi presque triplé depuis la crise (de 2008, ndlr) », a souligné lors de la conférence de presse François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France et président de l'ACPR. « Au cours des dix dernières années, les banques françaises ont accompli un chemin considérable dans un environnement économique, financier et réglementaire exigeant », a-t-il ajouté.

S'agissant des assurances, le secteur « a connu une bonne dynamique de développement », tant en assurance vie que non vie et « toutes les branches d'activité contribuent à cette bonne performance », a pour sa part estimé Bernard Delas, le vice-président de l'ACPR lors de cette même conférence. Ce faisant, le marché français de l'assurance « s'est encore renforcé en 2018, puisqu'en dépassant le Royaume-Uni, il est devenu numéro un en Europe sur le critère de la taille de ses actifs. C'est aussi un marché qui sait s'adapter, malgré les difficultés et les multiples défis auxquels il est confronté », a poursuivi Bernard Delas.

« Trois facteurs d'attention »

Le superviseur français n'en a pas moins appelé les acteurs français de la banque et de l'assurance à la vigilance sur « trois facteurs d'attention ». Le maintien d'un environnement de taux bas « contribue à réduire la marge nette d'intérêt des banques de détail qui se financent par des dépôts (...) et le rendement des placements des assureurs », a souligné François Villeroy de Galhau, relevant que « certains systèmes bancaires, dans les pays nordiques notamment, ont de meilleures rentabilités avec des taux d'intérêt au moins aussi bas ».

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Le superviseur français estime par ailleurs que, face à la mutation des usages en lien avec la révolution numérique, « les établissements financiers devront dégager de nouveaux gains de productivité et de nouveaux services personnalisés, en explorant encore plus les voies de l'automatisation et de l'intelligence artificielle », a déclaré le gouverneur. Il a enfin souligné qu'on dix ans, les banques d'investissement européennes avaient perdu « dix points de part de marché au profit des banques américaines » et estimé qu'en dépit des efforts déjà fournis « d'importants chantiers demeurent en matière d'industrialisation des processus et des flux ».