Cédric Mignon, pourquoi lancer une application comme Banxo était devenu nécessaire ?
Cédric Mignon : « Lapplication de la Caisse dEpargne, ce sont 6,5 millions de téléchargements, et, en 2016, 3 millions de visiteurs par jour en moyenne. Une réussite, et la démonstration que les usages de nos clients sont en train de changer. Nous avons donc pensé que pour continuer à les intéresser, il nous fallait une application plus riche, qui couvre lensemble de loffre bancaire et pas seulement les fonctions de base, comme la consultation de solde ou le virement. Un an plus tard, cela donne Banxo. Lobjectif est clair : doubler le nombres dusagers quotidiens de lapplication dici 2020, pour passer à 6 millions. »
La grande nouveauté de cette application, cest lagrégation de comptes, soit la possibilité dy consulter les opérations de comptes détenues hors de la Caisse dEpargne. Quest-ce qui vous a convaincu de proposer ce service ?
C.M. : « Lagrégation a dautant plus de sens à la Caisse dEpargne que nous sommes la banque qui compte le plus de clients multibancarisés. Sur nos 24 millions de clients (dont 10 millions de clients qui utilisent la Caisse dEpargne comme banque principale), 6 millions ont des comptes dans dautres enseignes. Cela tient à notre histoire, et notamment à notre monopole sur la distribution du Livret A, jusquen 2008. De nombreux Français conservent des comptes épargne chez nous, même si leur compte de dépôt est ailleurs. »
Votre ambition est donc de devenir la banque pivot de ces clients ?
C.M. : « Oui, cest notre objectif. Nous voulons maîtriser la relation client et conserver un avantage de leader. Banxo, c'est une façon d'atteindre cet objectif et de maintenir un lien avec la Caisse d'Epargne. Mais cela ne sera pas suffisant. Il nous faudra continuer de proposer à nos clients le meilleur des innovations existantes. »
Pourquoi avoir choisi de développer Banxo en interne, lorsque dautres choisissent plutôt de sappuyer, en marque blanche, sur les technologies développées ailleurs ?
C.M. : « Il y a effectivement de belles réussites françaises dans le domaine de la gestion budgétaire, et nous aurions sans doute pu nous satisfaire de faire appel à elles. Mais elles nous sont apparues en décalage avec les besoins de nos clients. La Caisse dEpargne sadresse à tous, aux fortunés et aux plus modestes. Elle est aussi une banque qui se veut pédagogue et de proximité. Nous avions besoin de tester avec nos clients la simplicité et la pertinence de lapplication. Nous avons donc fait le choix du mode agile et de la co-création. »
Lapplication bancaire la plus complète de France ?
Six ans après le lancement de sa première application mobile, la Caisse dEpargne a tout revu avec Banxo. Agrégation de comptes externes, catégorisation automatique des opérations, reste à dépenser : lappli affiche des fonctionnalités qui étaient jusqu'ici l'apanage de certaines banques en ligne. Elle permet également aux clients daccéder à leur e-relevés, de désactiver en temps réel la fonction paiement en ligne de leur carte bancaire, de retirer des espèces sans carte grâce à un code SMS et, pour les assurés, de déclarer et de suivre un sinistre
La Caisse dEpargne a pris également lengagement denrichir régulièrement ces fonctionnalités. Lauthentification biométrique et la possibilité de prendre un rendez-vous avec un conseiller sont annoncées pour février. Certaines fonctionnalités testées par LEcureuil dans son application de paiement entre particuliers Howizi (100.000 usagers) devraient également venir enrichir Banxo.
Disponible depuis 2 semaines, uniquement sur iPhone, Banxo a déjà été téléchargée un million de fois. La version Android arrivera début 2017 et intégrera une fonction de paiement mobile. Côté iPhone, Apple Pay est considéré comme un succès : plus de la moitié des clients éligibles au service (donc équipés de téléphones récents) l'ont testé.

















