Retards de remboursement de crédit, paiements par chèque ou carte bancaire sans provision, interdiction de chéquier, découvert bancaire non régularisé De nombreux faux pas peuvent conduire à votre inscription sur un ou plusieurs des fichiers gérés par la Banque de France.
Cette inscription, toutefois, ne peut être réalisée à votre insu. Létablissement bancaire qui la demande doit vous en avertir avant, et vous indiquer de quelle manière régulariser votre situation.
Il ne saurait ensuite être question dun fichage bancaire pour léternité. On doit dabord vous laisser en sortir dès que vous avez régularisé votre situation. Ensuite, même en labsence de régularisation, la sortie du fichier intervient automatiquement, à lexpiration de la durée légale dinscription, fixée généralement à cinq ans.
Quels fichiers pour quels impayés ?
Le fichier national recensant les informations sur les incidents de paiements caractérisés liés aux crédits, mieux connu sous le nom de FICP, comprend actuellement le fichage de plus de 2,6 millions de personnes, ayant connu des incidents de paiement caractérisés au sens de loi : non-paiement déchéances de remboursement de crédit immobilier ; de crédit à la consommation ; de crédit renouvelable ; découvert que vous navez pas régularisé.
Le fichier central des chèques (FCC) enregistrera vos coordonnées au titre de linterdiction bancaire si vous signez des chèques qui demeurent impayés faute de provision sur votre compte bancaire.
Le fichier central des retraits de cartes bancaires « CB » recense des usagers incapables de provisionner leur compte pour faire face à des paiements ou à des retraits despèces, et dont la carte bancaire a donc été annulée pour utilisation abusive, ou suite à une décision judiciaire.
Toujours fiché, que faire ?
Linscription sur un fichier, même justifiée à lorigine, devient illégale lorsquelle est maintenue alors que vous avez régularisé votre situation en réglant toutes les sommes impayées. Elle peut même être illégale dès lorigine, lorsque votre inscription est due à une erreur, par exemple en raison dune homonymie.
Que faire si vous êtes victimes de fichage abusif ? Envoyez dabord une lettre recommandée avec avis de réception à votre banque pour lui rappeler quà la suite de votre régularisation, votre fichage est devenu sans objet, et que par conséquent, vous la mettez en demeure de demander votre radiation du ficher dans les meilleurs délais. Vous indiquerez également dans la lettre à destination de la banque, quà défaut dobtenir satisfaction dans le délai que vous avez fixé, vous déposerez une plainte auprès de la Commission nationale de linformatique et des libertés (Cnil).
Notre conseil. Même si létablissement qui avait demandé votre inscription sur un fichier vous assure en avoir obtenu la radiation, ne prenez pas pour argent comptant ses dires. Pour en avoir le cur net, exercez votre droit daccès, une démarche officielle pour demander à la Banque de France si des données vous concernant sont enregistrées dans les fichiers quelle gère.
La Cnil comme ultime moyen de pression
Malgré votre relance, votre banquier continue à jouer le roi du silence ? Vous devez alors saisir la Cnil, en déposant une plainte en ligne sur son site web ou par lettre recommandée avec avis de réception adressée à : CNIL, 3 place de Fontenoy - TSA 80715 - 75334 Paris cedex 07.
A réception de votre plainte, la Cnil prend contact avec votre banque pour lui demander de procéder à votre « défichage ». Si cette dernière nobtempère pas, elle sexpose à une mise en demeure de la Cnil, qui rendra public cet avertissement et le rendra public sur son site internet. Efficacité garantie. Toutefois, si lavertissement public ne produit pas deffet, quel que soit le fichier en cause, la Cnil peut alors infliger une sanction financière à la banque qui sentête.
FICP : un recours possible aux tribunaux
Noubliez pas que larticle R221-39-1 du code de lorganisation judiciaire vous permet de saisir le tribunal dinstance pour tout litige concernant linscription ou la radiation sur le FICP. Et ce y compris sous procédure durgence, en référé dans le jargon.


















