Le Crédit Mutuel Arkéa (CMA) a fait état mardi de résultats en forte hausse en 2014, avec un bénéfice net en hausse de 26,6% à 269 millions d'euros, sur fond de tensions avec son organe central, la Confédération nationale du Crédit Mutuel.

Le président de la banque, Jean-Pierre Denis, a assuré lors d'une conférence de presse que le groupe avait dégagé « des chiffres records dans pratiquement tous les domaines ». La structure, composée des fédérations du Crédit Mutuel Bretagne, du Sud-Ouest et Massif Central, a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 1,72 milliard d'euros, soit le « plus haut niveau de revenu jamais obtenu par le CMA », a fait valoir Jean-Pierre Denis.

Coût du risque en baisse de 22%

Le résultat d'exploitation, en hausse de 25,3% à 415 millions d'euros, a également atteint un plus haut historique, sous l'effet d'une progression maîtrisée des frais de gestion et d'une forte baisse du coût du risque (provisions pour risque d'impayés). Ce dernier a reculé de 22% à 116 millions d'euros.

Le groupe a également renforcé sa solidité financière avec un ratio de fonds propres durs à 15,9%, soit « très au-dessus des exigences réglementaires », s'est félicité Jean-Pierre Denis. « Cela témoigne de la solidité intrinsèque propre du bilan » du CMA, a-t-il estimé.

3,32 millions de clients particuliers

Au plan commercial, le groupe a fait croître sa clientèle de 2% pour atteindre 3,56 millions de clients, dont quelque 3,32 millions de particuliers et près de 240.000 professionnels. Cette hausse s'est accompagnée d'une augmentation de l'encours total d'épargne de 6,9%, à 78,8 milliards d'euros, et d'une progression de 3,6% de l'encours de crédits, à 41,1 milliards d'euros.

« La belle trajectoire de croissance affichée par le Crédit Mutuel Arkéa en 2014 est le fruit d'une dynamique de développement soutenue », selon Ronan Le Moal, directeur général de la banque, Jean-Pierre Denis mettant en avant « une maison extrêmement réactive ». En 2015, le CMA entend « relever les enjeux liés à l'évolution des modes de consommation et à l'émergence de nouveaux modes de distribution », selon Ronan Le Moal.

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Conflit entre Crédits Mutuels : « respecter les lois »

Revenant sur les tensions avec la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), Jean-Pierre Denis a assuré que ce que demandait le CMA c'était « le respect des lois et des règles européennes », estimant par ailleurs que la démission, entérinée en décembre, du président de la Confédération nationale, Michel Lucas, de trois de ses mandats de président dans des filiales du groupe n'était « qu'un petit toilettage qui ne change pas grand-chose ». La semaine d'avant, Michel Lucas s'était dit « au calme » avec cette affaire, estimant qu'elle se réglerait « gentiment dans le temps ».

Début octobre, le CMA a saisi l'Autorité de la concurrence, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Paris et le régulateur du secteur, l'ACPR, pour dénoncer « une situation persistante de conflits d'intérêts » au sein de la CNCM. Le Crédit Mutuel Arkéa souhaite revoir le fonctionnement de cette dernière estimant qu'elle est « dans la main » de l'autre partie du réseau, le CM11-CIC, qui de fait est son concurrent.

Le CMA compte une vingtaine de filiales spécialisées, dont Fortuneo, Monex et Suravenir, et emploie près de 9.000 personnes. Son siège se trouve au Relecq-Kerhuon, près de Brest.