Dans un communiqué diffusé ce mercredi, Boursorama Banque, filiale de la Société Générale, se félicite d’avoir passé le cap des 500.000 clients en France. Un chiffre qui place la banque 100% en ligne en tête de son marché, à la lutte avec ING Direct, mais qui reste encore une goutte d’eau dans l’océan des banques de détail.

Lancée en 2005, Boursorama Banque vient d’annoncer dans un communiqué qu’elle avait passé le cap symbolique des 500.000 clients. C’est environ 80.000 de plus qu’un an auparavant. Un chiffre conforme aux objectifs de la banque et porté, selon sa PDG Marie Cheval, « par des ouvertures de comptes courants en croissance de 40% à fin octobre 2013 ». Le fruit, sans doute, de la campagne de communication lancée par la marque en juin dernier et d’offres promotionnelles assez agressives destinées aux nouveaux clients.

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Boursorama Banque profite de ce point d’étape pour dresser, grâce à quelques statistiques, le portrait type de sa clientèle. Il est très semblable à celui que l’on retrouve dans les autres banques en ligne : des hommes en majorité (58%), « bien que la proportion de femmes soit en croissance rapide (+5 points par rapport à 2009) », explique le communiqué ; plutôt jeunes (59% de moins de 40 ans) ; urbains et souvent parisiens (40% de Franciliens). Le communiqué ne le dit pas, mais on aurait sans doute pu ajouter un profil plutôt « CSP+ ». Boursorama Banque fournit un autre chiffre : 5% des clients ont souscrit un crédit immobilier, entraînant une hausse de 85% de la production sur un an. Contrairement à son principal concurrent, ING Direct, la filiale de la Société Générale a en effet fait le choix d’élargir son catalogue, avec un objectif : se mettre en position de devenir la banque principale de ses clients, plutôt qu’un simple compte de complément à bas coût.

Plus de comptes courants qu’ING Direct

Ce pari est-il gagné ? Marie Cheval le pense, expliquant dans le même communiqué que « l’atteinte de cet objectif montre la pertinence du modèle de Boursorama (…) ». Mais tout est, en fait, question de point de vue. Avec ses 500.000 clients, Boursorama Banque peut en effet légitimement se poser en « leader de la banque en ligne en France », comme le clame son communiqué. Certes, ING Direct, lancée en 2000 en France, compte plus de clients : 880.000 fin 2012. Mais sur ce nombre, seul un sur six environ (150.000 fin 2012) y détient effectivement un compte courant, produit beaucoup plus fidélisant que le simple compte épargne. Boursorama Banque, de son côté, a depuis ses débuts fait du compte courant, et de la carte bancaire gratuite qui l’accompagne, son produit d’appel. Elle en récolte les fruits : elle détenait 268.000 comptes courants fin 2012, et doit logiquement approcher des 300.000 actuellement.

Les deux marques dominent par ailleurs assez largement leur marché. Monabanq, créée en 2006, revendique actuellement 290.000 clients ; Fortuneo, qui s’est ouvert à la banque de détail en 2009, 210.000; BforBank (qui ne propose pas de compte courant) a fêté son 100.000e client fin 2012. Enfin, Hello Bank, qui a le profil le plus proche de celui de Boursorama Banque (adossement à une grande banque française, BNP Paribas en l’occurrence ; accent mis sur le compte courant et la carte bancaire gratuite ; profondeur du catalogue) a encore du chemin à faire : lancée en juin dernier, elle comptait fin septembre 5.000 comptes ouverts environ, et n’en espère 500.000 que d’ici 2017.

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500.000 clients, toutefois, cela reste un chiffre assez faible, une fois replacé dans le contexte général de la banque de détail en France. A titre de comparaison, c’est l’équivalent de la clientèle d’une caisse régionale moyenne du Crédit Agricole, qui en compte 39 en tout. Ainsi, malgré les offres promotionnelles, la tarification réduite et l’évolution des usages des clients, de plus en plus portés sur la relation bancaire à distance, Boursorama Banque, et les banques en lignes « pure player » en général, ont encore beaucoup à prouver avant de se poser en alternative crédible des grands réseaux bancaires.