Proposé jusqu’ici en version d’essai, MoneyDoc, service web et mobile de PFM (gestion de finances personnelles), est désormais accessible à tous les internautes. Comment fonctionne-t-il ? Quel est son modèle économique ? Est-il sûr ? Pierre Villeroy de Galhau, directeur général de Fiduceo, la société qui édite MoneyDoc, répond à nos questions.

Pierre Villeroy de Galhau, comment en êtes-vous venu à développer et commercialiser MoneyDoc ?

« Tout est parti d’un constat : l’information fournie par les banques sur les opérations est pauvre. Nous avons donc développé un algorithme qui permet de catégoriser automatiquement ces opérations et de les visualiser par poste de dépense. Mais il nous fallait aussi nous différencier : au service de catégorisation, nous avons donc ajouté un outil des gestion financière et un outil de gestion documentaire, qui récupère et stocke les factures, et les relie à l’opération correspondante. Cela permet de centraliser dans un même service toute la gestion administrative et financière d’un foyer. Nous avons énormément travaillé sur l’efficacité de cette catégorisation, en référençant tous les terminaux de paiement français. En effet, quand on lance ce type de service, il n’y a pas le droit à l’erreur, il faut que ça marche tout de suite. »

MoneyDoc est aujourd’hui gratuit. Comment espérez-vous gagner de l’argent avec ce service ?

« Tout d’abord, Fiduceo, notre société, vend également des technologies à d’autres acteurs, en marque blanche. Nous sommes ainsi en train de les déployer dans plusieurs banques : ce business model fonctionne déjà. Quant à MoneyDoc, le service est aujourd’hui gratuit, car nous sommes en phase de lancement et qu’il nous faut atteindre une masse critique pour que le business model fonctionne. Mais nous lancerons début 2013 des options payantes. Ensuite, rien n’est gravé dans le marbre. On peut imaginer une version premium payante, qui permettrait d’accéder à des options avancées et ouvrirait le droit de ne pas être sollicité commercialement. Nous avons également en projet de dupliquer le modèle MoneyDoc à destination de professionnels, avec des options de gestion de trésorerie et pourquoi pas de comptabilité. »

Comment envisagez-vous vos relations avec les banques, chez qui vous allez chercher, avec l’accord des clients, des données de paiement pour les agréger dans MoneyDoc ?

« Effectivement, certaines banques voient les services de PFM (pour Personal Finance Management, gestion de finances personnelles, NDLR) d’un mauvais œil, souvent parce qu’elles considèrent les données bancaires comme leur bien. Mais nous n’avons pas l’ambition de leur faire concurrence. Dans l’immédiat, nous restons sur notre métier : pousser vers les utilisateurs des informations utiles pour eux. Nous pensons par ailleurs qu’il y aura une place pour les pure-players, aux côtés des banques et des assureurs, qui resteront le tiers de sécurité de référence. On peut même imaginer une déconnexion progressive entre la banque, qui détient le compte, et les services associés aux paiements et à la gestion de compte, décentralisés chez des tiers spécialisés. »

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Le principal frein à l’adoption des services de PFM est la question de la confidentialité et de la sécurisation des données que vous collectez. Qu’en est-il ?

« Tout le service a été construit autour de la sécurité, c’est essentiel. Par exemple, toutes les données que nous collectons sont stockées en France, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Elles restent par ailleurs la propriété du client. Nous nous interdisons de les vendre ou de les louer, de manière individualisée, aux annonceurs. En ce qui concerne la récupération des données, les clients nous donnent mandat pour aller chercher l’info. Il ne s’agit que de consultation, on ne peut pas faire d’opérations via MoneyDoc. Les opérations restent dans les banques, où elles bénéficient en général d’un niveau d’authentification supplémentaire. Le risque est donc très limité. L’identifiant bancaire est une donnée considérée comme sensible par nombre de gens, mais ne l’est finalement pas tant que ça. »