Le président de BNP Paribas, Baudouin Prot, a justifié mardi la présence de la banque à Brunei et aux Philippines, deux pays officiellement considérés par la France comme non coopératifs fiscalement, assurant qu'elle y avait essentiellement des clients locaux.

Selon Baudouin Prot, qui s'exprimait dans le cadre d'une audition devant la commission d'enquête « évasion fiscale » du Sénat, BNP Paribas n'est présent, à Brunei, que dans le métier de gestion d'actifs et s'adresse, dans ce cadre, à des investisseurs institutionnels et des fonds souverains locaux. Quant aux Philippines, « nous y avons une clientèle locale mais aussi des groupes français dans le cadre de leurs exportations », a indiqué le patron de BNP Paribas, citant le cas du groupe français de BTP Eiffage. Si l'établissement était contraint de se retirer de ces pays, « nous considérons que cela (affaiblirait) fortement notre dispositif d'appui aux exportations françaises », a-t-il expliqué.

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Baudoin Prot a rappelé que la banque s'était désengagée, en 2010, du Panama, qui figurait sur la liste dite « grise » de l'OCDE des pays et territoires non coopératifs sur le plan fiscal. Elle avait alors cédé sa filiale à la canadienne Banque Scotia. Selon lui, cette décision avait été finalisée malgré l'intervention du président panaméen, qui avait demandé à BNP Paribas de demeurer au Panama. Début avril, Panama a été retiré par arrêté gouvernemental de la liste des Etats et territoires non-coopératifs fiscalement. Brunei et les Philippines, par contre, y ont été maintenus.