Dans un document publié mercredi sur son site, la banque BNP Paribas affirme disposer d'un excédent de liquidités en dollars à court terme et n'avoir pas observé de détérioration de ses conditions d'accès à la liquidité à court terme en euros.

« Nous avons un excédent de liquidités à court terme en dollars que la banque est obligée de déposer à la Fed » (Réserve fédérale américaine), indique BNP Paribas dans cette note. « Malgré le niveau moindre de financement disponible auprès des fonds monétaires américains pour les banques européennes, BNP Paribas a été en mesure de recourir à un large éventail de sources de financement ».

Grands pourvoyeurs de liquidités à court terme en dollars pour les banques européennes, les fonds monétaires américains, qui pèsent plusieurs milliers de milliards de dollars de dépôts, ont décidé de réduire sensiblement leur exposition à ces établissements, alertés par la crise de la dette des Etats européens.

Ressources diverses 

Parmi les autres sources de financement en dollars, BNP Paribas mentionne les banques centrales, les entreprises, les organisations internationales, les investisseurs institutionnels et les clients fortunés. Outre les Etats-Unis, où ces fonds n'ont fait que réduire leur exposition, la banque a pu compter sur les ressources en dollars de fonds monétaires européens, asiatiques et de la région du Golfe.

En sus, elle a acquis des produits qui permettent l'échange de liquidités d'une devise à une autre (swaps), « pour maintenir un accès aux fonds en dollars américains ».

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Concernant la liquidité en euros, la banque française affirme avoir accès « à un financement substantiel issu d'un large éventail de sources ». « Les conditions (de financement) et les maturités n'ont pas changé de manière significative ces dernières semaines » pour BNP Paribas, qui assure qu'« il n'y a pas eu d'insuffisance de ressources ou de changement de contreparties (prêteurs) ».

L'impact de Bâle III

A la question, posée dans le document, de savoir si le marché de la liquidité à court terme pourrait être gelé comme il le fut au lendemain de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, BNP Paribas juge que « la situation est très différente ». La banque précise que la baisse d'activité du marché interbancaire n'est pas liée à un problème de contrepartie, c'est-à-dire de confiance entre banques, mais à la perspective de l'entrée en vigueur progressive du nouveau cadre réglementaire dit Bâle III, début 2013.

Ce nouveau cadre comprend notamment un ratio de liquidité (Liquidity coverage ratio), applicable à partir de 2015, qui mesure la capacité des banques à faire face à une crise de liquidité durant 30 jours. Or, ce ratio, qui prend en compte l'ensemble des liquidités mobilisables immédiatement, ne tiendra pas compte des éventuels dépôts effectués dans d'autres banques, ce qui incite les établissements financiers à ne plus se prêter entre eux.