Le PDG de Société Générale Frédéric Oudéa estime mercredi dans un entretien aux Echos que le nouveau cadre réglementaire de Bâle III représente "un durcissement très significatif", alors que plusieurs banques françaises ont déjà indiqué qu'elles s'y conformeraient sans difficulté.

M. Oudéa a été nommé fin octobre à la tête du comité chargé de la réglementation sur les fonds propres au sein de l'Institut de la finance internationale (IIF), le lobby mondial des banques.

Interrogé par le quotidien économique, il a repoussé l'idée que Bâle III soit finalement peu contraignant, même si la plupart des banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, BPCE et Natixis) ont annoncé qu'elles disposeraient d'un ratio de fonds propres « durs » d'au moins 7% de leurs engagements dès 2013, un niveau exigé par la nouvelle réglementation d'ici à 2018.

« Il s'agit d'un durcissement très significatif qui implique une multiplication par 5 du minium de capital réglementaire », a-t-il affirmé, précisant que, pour Société Générale, Bâle III représentait un doublement des fonds propres « par rapport à la situation d'avant-crise ».

M. Oudéa a reconnu que les banques auront « heureusement assez de temps » pour se conformer aux nouveaux critères, la plupart pouvant se passer d'un recours au marché. Mais, a-t-il averti, « ce sera néanmoins au prix d'une discipline financière très stricte en matière de croissance (notamment du crédit) mais aussi d'investissement ».

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Harmonisation avec les américains

M. Oudéa a ajouté qu'un « enjeu fondamental » était de s'assurer du fait que les banques américaines respectent les nouveaux critères au même titre que leurs homologues européennes. Il a à ce titre plaidé pour « une harmonisation des pratiques de rémunération au plan international », notamment pour les activités de banque de financement et d'investissement (BFI), une mesure qu'il juge « cruciale pour prévenir tout risque de distorsion de concurrence ».

M. Oudéa a estimé que le Comité européen des superviseurs bancaires devait se saisir de la question de la compétitivité des banques du continent, par rapport à l'Asie et aux Etats-Unis.