L'organisme gestionnaire des HLM de Lyon, la Sacvl, a perdu 47 millions d'euros à cause d'un produit financier "toxique" souscrit lors de la crise financière, une dette qui sera en partie épongée après un accord vendredi, a-t-on appris auprès de son conseil d'administration.

C'est par l'intermédiaire d'une filiale du Crédit Agricole, la Calyon, rebaptisée Crédit Agricole CIB, que la Sacvl s'est endettée en spéculant fin 2007 sur le produit financier « Eurostar 3 mois », censé réduire le poids de ses emprunts immobiliers.

« Ce produit était censé couvrir la dérive de nos emprunts à taux variable qui dépendaient du cours de l'Euribor, un indice de référence financier européen. Ce dernier s'est effondré fin 2008 avec la crise financière », a expliqué à l'AFP Michel Le Faou, le président du conseil d'administration de la Sacvl (société anonyme de construction de la Ville de Lyon).

A l'élaboration du budget début 2009, le conseil d'administration de la société d'économie mixte est informé de la situation et une action judiciaire contre le Crédit Agricole est portée devant le tribunal de commerce pour « défaut d'information » dans l'été.

Mais vendredi matin, un accord avec la banque verte a été voté « à l'unanimité » par le conseil d'administration de la Sacvl, aux termes duquel les poursuites judiciaires sont arrêtées et une partie des 47 millions d'euros est prise en charge par le Crédit Agricole, selon M. Le Faou.

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Il n'a cependant pas précisé le montant de cette compensation, refusant de confirmer le chiffre de 15 millions d'euros avancé par l'hebdomadaire Paris Match.

La vente de terrains et de logements, évaluée à près de 200 millions d'euros, doit apurer le reste et dégonfler à moyen terme « 25% de la dette globale » de la Sacvl qui est de 416 millions d'euros, a encore indiqué le responsable, précisant que l'affaire n'aurait « aucun impact sur l'impôt local ».

Détenue à 77% par la municipalité lyonnaise, la Sacvl gère 8.500 logements dont 3.000 sociaux et 120.000 m2 de bureaux.