Le chiffre donne le tournis : le poids de la fraude par manipulation a dépassé en 2025 le demi-milliard d'euros, un chiffre en hausse de 34% sur un an. Un véritable fléau dont la charge pèse largement sur les clients bancaires eux-mêmes. Ce type d'escroquerie en plein essor implique en effet une manipulation directe de la victime, mise sous pression et amenée par la ruse à authentifier des débits frauduleux sur son compte bancaire. Dans ce cas de figure, les banques refusent généralement de rembourser, comme le veut pourtant la règle, justifiant leur décision par un soupçon de négligence grave de la part de la victime.

Remboursement de fraude bancaire : ce que change vraiment l'arrêt de la CJUE pour les victimes et les banques

Avant de se tourner vers la justice, les victimes ont alors la possibilité (voire l'obligation si le préjudice est inférieur à 5 000€) de se tourner vers la médiation. Chaque banque de détail, en effet, a l'obligation de désigner un médiateur bancaire, chargé de régler à l'amiable les différends avec ses clients. La fraude est d'ailleurs le premier sujet de saisine. Chez le médiateur de la FBF (1), le plus souvent saisi en France, elle concerne « environ 80% des dossiers recevables », note Lazarègue Avocats dans un communiqué.

Des remboursements complets beaucoup plus rares en médiation que devant la justice

Ce cabinet d'avocats au barreau de Paris, fondé en 2016, s'est intéressé au destin de ces saisines. Son constat est le suivant : les propositions totalement favorables aux clients sont rares. Elles représentent 3,6% seulement des dossiers recevables en 2024. Un chiffre qui contraste avec les résultats obtenus devant les tribunaux, qui tranchent une fois sur trois (dans 34% des cas) en faveur d'un remboursement complet des victimes (2).

Le plus souvent (dans près de 55% des cas), le médiateur donne une issue partiellement favorable, soit, dans le cas des fraudes, un remboursement partiel d'un montant de 1 100€ en moyenne.

« Au regard des décisions rendues par les juridictions, la médiation bancaire se montre sévère envers les victimes dont la négligence grave n'est pas établie : elle leur propose le plus souvent une fraction de ce que la loi leur garantit, au terme d'un délai qui dépasse souvent le délai légal », note Lazarègue Avocats dans son étude. Le médiateur de la FBF rend en effet sa décision dans un délai moyen de 229 jours, alors que la loi lui impose de se prononcer en 90 jours maximum.

(1) Le médiateur de la Fédération bancaire française (FBF) est généralement désigné par les banques qui ne disposent pas d'un service médiation en interne. (2) Chiffre obtenu sur la base des 453 décisions judiciaires rendues sur le sujet depuis le début de l'année 2026.