Les fuites de données se succèdent actuellement à un rythme inquiétant. La seule semaine dernière, l'administration fiscale, l'Education nationale et l'opérateur télécom SFR ont signalé des intrusions d'ampleur dans leurs systèmes d'information.

Piratage du fisc : voici la liste précise des données qui ont fuité

Ces données, ensuite revendues sur le web clandestin, viennent enrichir des bases de données utilisées ensuite par les cybercriminels pour mettre en place des arnaques. Le but est presque toujours le même : parvenir à vider les comptes bancaires de leurs victimes.

Soyons clairs : tout le monde ou presque a été concerné, à un moment ou un autre, par ce type de fuites. Il s'agit donc de partir du principe que des données personnelles sensibles vous concernant sont disponibles à la vente, et potentiellement exploitées.

Se faire arnaquer, toutefois, n'est pas une fatalité. Ces données volées, en effet, ne suffisent généralement pas à effectuer des débits frauduleux. Les pirates vont donc les utiliser pour crédibiliser d'autres attaques, destinées elles à récupérer des identifiants, des mots de passe, des numéros de compte, des clés d'authentification...

Pour éviter que cela vous arrive, il est impératif de vous habituer à appliquer certaines bonnes pratiques.

1. Ne communiquez jamais d'informations sensibles à un tiers, même de renom

Vous avez reçu un courriel ou un SMS - de votre banque, de l'administration fiscale, d'un service en ligne, etc. - vous alertant d'une démarche urgente à effectuer et vous encourageant à cliquer sur un lien inclus dans le message ? Un conseiller vous appelle, semble tout connaître de vous et vous demande de vous connecter à votre application mobile, ou vous explique qu'il a besoin d'un code secret pour sécuriser votre compte suite à une attaque ? Passez votre chemin ! Il s'agit très probablement de tentatives de vous voler des données personnelles, destinées à vous escroquer. Attention, elles peuvent prendre bien d'autres formes : pour brouiller les pistes, les cybercriminels multiplient en effet les modes opératoires. D'où la nécessité d'être dans un état permanent de vigilance.

Ayez toujours en tête un principe : aucune banque, aucune institution publique, ni aucun service sérieux ne vous demandera jamais de leur transmettre des informations sensibles (codes, identifiants, mots de passe ou coordonnées bancaires) de cette manière.

Nos conseils si vous êtes confrontés à ce type de sollicitations :

  • Refusez toute communication non sollicitée, par téléphone, chat ou messagerie.
  • Si vous avez un doute, recontactez votre banque ou le service en question par un canal connu et sécurisé : par téléphone, par courriel ou via son application mobile.

2. Sécurisez au maximum les accès à vos services en ligne

Vous êtes encore très nombreux à utiliser des mots de passe trop courts et le même mot de passe pour plusieurs services. Et encore trop peu à activer les dispositifs d'authentification forte qu'on vous propose. À l'heure où une part croissante de votre vie quotidienne se déroule en ligne, c'est évidemment très dangereux.

Voici les bonnes pratiques à mettre en œuvre :

  • L'authentification forte n'est pas facultative ! Si elle n'est pas proposée par défaut, activez-la pour vous connecter à vos services en ligne, notamment les plus sensibles (banque, messagerie mail, messageries instantanées, réseaux sociaux, comptes administratifs, etc.)
  • À chaque compte, son mot de passe !
  • Un bon mot de passe contient au moins 12 caractères (des minuscules, des majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux) et ne dit rien sur vous : ni le nom de votre chien, ni la date de naissance de votre enfant par exemple.
  • Ne notez jamais vos mots de passe, ni sur un pense-bête, ni dans un document numérique.
  • N'enregistrez pas vos mots de passe sur un ordinateur susceptible d'être utilisé par une autre personne.
  • A la moindre crainte de fuite, changez votre mot de passe.

Notre conseil : familiarisez-vous avec l'utilisation d'un gestionnaire de mots de passe : celui proposé (gratuitement) avec l'OS de votre téléphone ou de votre ordinateur - « Mots de Passe » chez Apple, Password Manager chez Google ou Microsoft, etc. - ou ceux (souvent payants) proposés par des spécialistes comme 1Password, Dashlane ou LastPass.

3. Protégez votre matériel

Pour parvenir à leurs fins, les escrocs peuvent également compromettre vos outils numériques - smartphones, tablettes, ordinateurs - en y installant à votre insu des logiciels espions.

Nos conseils pour éviter cela :

  • Évitez les connexions wifi publiques, dans les gares, les aéroports, les hôtels, les centres commerciaux ou les bibliothèques. Préférez l'usage de votre 4G ou 5G, et le partage de connexion avec votre ordinateur ou votre tablette.
  • Protégez votre matériel électronique en installant rapidement les mises à jour de sécurité proposées.
  • Téléchargez vos applications sur les stores officiels.

4. Réagissez vite en cas de doute

En appliquant les conseils ci-dessus, vous devriez être en mesure d'esquiver l'essentiel des menaces. Si malgré tout, vous êtes victime d'un escroc, l'idéal est de pouvoir réagir vite. Comment faire ?

  • Consultez régulièrement vos comptes bancaires en quête d'opérations suspectes. Ne comptez pas seulement sur votre banque pour les détecter.
  • En cas d'opérations suspectes, prévenez votre banque sur le champ, faites opposition sur votre carte bancaire et changez vos mots de passe.
  • Conservez toutes les pièces liées à la fraude : faites des copies d'écran de tous les supports (messages, relevé de compte, etc.) qui peuvent aider à la caractériser ou à prouver votre bonne foi.
  • Signalez la fraude aux autorités sur la plateforme Pharos et le site Signal Conso.
  • Le cas échéant, portez plainte sur la plateforme THESEE.