L'union des portefeuilles numériques européens est en bonne voie. Ce matin, mercredi 30 septembre, Bancomat, Bizum, EPI Company/Wero, SIBS-MB WAY et Vipps MobilePay ont annoncé la création d'une nouvelle entreprise commune baptisée European Network for Payments (ENP). Basée à Madrid, elle sera chargée « d'assurer le fonctionnement et le développement de l'interopérabilité entre les solutions de paiement européennes participantes », explique un communiqué.

L'annonce concerne Wero en France, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg et bientôt aux Pays-Bas et en Autriche ; Bancomat Pay en Italie ; Bizum en Espagne ; MB WAY au Portugal ; MobilePay au Danemark et en Finlande ; Vipps en Norvège et en Suède. Ces différents portefeuilles de paiement mobile servent actuellement 130 millions d'utilisateurs (dont 16 millions de Français pour Wero) dans 13 pays européens.

Wero va s'ouvrir à 7 nouveaux pays européens

Tous ces wallets proposent à peu près les mêmes services : des paiements entre particuliers, mais aussi des paiements aux commerçants en ligne et en points de vente physiques. Pourtant, jusqu'ici, il était impossible, par exemple, d'utiliser Wero pour envoyer de l'argent à un ami en Italie ou pour payer ses courses en vacances au Danemark.

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La création d'ENP va changer cela. Concrètement, dès 2027, les utilisateurs français de Wero devraient pouvoir envoyer de l'argent, gratuitement et instantanément, vers des comptes bancaires détenus dans 7 nouveaux pays européens : le Danemark, l'Espagne, la Finlande, l'Italie, la Norvège, le Portugal et la Suède. À terme, ils pourront également utiliser Wero pour régler leurs achats dans les boutiques de ces pays, à l'occasion de vacances ou de déplacements professionnels.

La création de cette co-entreprise ne signifie pas que les différents portefeuilles mobiles vont fusionner. « Chacun conservera sa propre marque », a confirmé Martina Weimert, CEO de EPI/Wero, à l'occasion d'une conférence de presse sur le sujet. Un nouveau logo européen, en revanche, va être créé et apposé à côté des logos existants « afin de signaler au consommateur en voyage qu'il peut payer ici avec sa solution nationale ».

Un enjeu de souveraineté

L'impossibilité d'utiliser ces portefeuilles hors des frontières de leurs pays d'origine était, de longue date, repérée comme un frein à l'adoption à grande échelle de ces portefeuilles. Tous, pourtant, partagent le même objectif : proposer aux consommateurs et aux commerçants de leurs pays un moyen de paiement domestique, fiable et peu cher, susceptible de se substituer aux réseaux internationaux de paiement par carte Visa et Mastercard, originaires des États-Unis. Un enjeu de souveraineté, donc, à l'heure où l'avenir de la relation transatlantique est plus incertain que jamais.