Outre-Atlantique, les stablecoins se développent à vive allure. Ces jetons, adossés à une monnaie ou un actif, offrent une stabilité relative face à la volatilité du bitcoin. Mais les pros les utilisent-ils ? Pesant 310 milliards de dollars, ce marché est dominé par les stablecoins en dollar, notamment l'USDT de Tether (59,7% du marché) et l'USDC de Circle (22,5%).
En Europe, la réglementation MiCA sur les crypto-actifs renforce la protection des investisseurs mais rend les émissions plus complexes. La capitalisation des stablecoins en euro reste faible (876 millions), l'EURC (Circle) représentant 47 % du segment contre 9% pour l'EURCV (SG-Forge).
« Les entrepreneurs peuvent consacrer 5 à 6 % de leur trésorerie en stablecoins »
« En France, les entrepreneurs peuvent consacrer 5 à 6 % de leur trésorerie en stablecoins, la majorité en USDC, le seul parmi les quinze stablecoins MiCA qui offre liquidité et sécurité », note Enzo Hallot, Président de Crypto-Patrimoine. Leur usage reste limité, faute de connaissance. Jérémy Stevance, fondateur d'ALT Finance, observe que les professionnels placent d'abord 1 à 2 % de leur trésorerie en cryptoactifs comme bitcoin, tandis que les plus expérimentés privilégient les stablecoins pour générer du rendement.
Les crypto-actifs, stablecoins inclus, s'achètent sur des plateformes PSAN comme Kraken, Bitpanda, Bitstack, Binance, et Coinhouse. Ils s'échangent couramment entre eux ou contre de la monnaie. Côté portefeuilles, les cold wallets (Ledger, Trezor), hors ligne, sécurisent les cryptos sur le long terme. Les hot wallets (MetaMask, Trust Wallet), en ligne, facilitent les transactions rapides mais sont plus risqués.
« Les TPE peuvent placer leur trésorerie en stablecoins via des solutions, comme Louis Finance, avec des rendements allant de 4 à 7 %, supérieurs aux placements traditionnels, tout en restant exposées aux risques de la finance décentralisée et de sécurité des clés », ajoute Jérémy Stevance.
Certaines structures testent des transferts de stablecoins quasi instantanés, à coûts réduits, vers leurs filiales. D'autres explorent leur usage comme moyen de paiement. Selon Enzo Hallot, les stablecoins peuvent servir de garantie dans un crédit lombard et permettre à l'entrepreneur d'emprunter jusqu'à 70 % de leur valeur pour créer un effet de levier. Une pratique risquée encore peu répandue.
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Une fiscalité automatisée et plus stricte
Dans le cadre d'une société, toutes les opérations d'échange doivent être comptabilisées et intégrées au résultat fiscal soumis à l'IS au taux de 25 % (voire 15 % sur une portion). A l'inverse, « les personnes qui détiennent des crypto-actifs dans un cadre non professionnel sont taxés à la flat tax de 31,4 % sur leurs plus-values lorsqu'elles convertissent leurs cryptomonnaies en euros, mais elles n'ont rien à déclarer lorsque la conversion s'opère contre des stablecoins », détaille Stéphanie Némarq-Attias, avocate fiscaliste chez QOMIT.
Par ailleurs, tout compte crypto détenu à l'étranger doit être déclaré sous peine d'une amende jusqu'à 1 500 euros par compte et par année. De plus, depuis janvier, les plateformes transmettent automatiquement les informations qui concernent leurs utilisateurs au fisc, ce qui renforce les capacités de contrôle. Le recours à des outils comme ComptaCrypto simplifie la gestion comptable et fiscale des cryptos et permet de s'y préparer efficacement.
























