L'essentiel
- En 2025, le bitcoin a atteint un sommet record de 125 000 dollars, encourage par un contexte politique favorable et des investisseurs institutionnels.
- Après avoir atteint ces sommets, les gains importants ont été rapidement retirés, abaissant le Bitcoin à un niveau encore élevé mais plus bas de 85 à 90 000 dollars vers fin 2025.
- Le secteur prévoit une normalisation en 2026, où il pourrait ne plus y avoir d'augmentations de +100% en quelques mois, indiquant une volatilité réduite.
L'année 2025 restera comme l'une des plus spectaculaires de l'histoire du bitcoin. Porté par un contexte politique favorable aux États-Unis, par l'essor des ETF et par l'arrivée d'investisseurs institutionnels de grande ampleur, le cours de la première cryptomonnaie a enchaîné les records. Début octobre, le bitcoin a ainsi inscrit un nouvel all-time high (ATH, le montant record NDLR) autour de 125 000 dollars, un niveau jamais atteint jusque-là.
Une performance impressionnante, après déjà un excellent début d'année, marqué par l'investiture de Donald Trump, grand défenseur des actifs numériques, et des signaux jugés très favorables au secteur des actifs numériques.
Des prises de gains importantes
« 2025 a été une année à plusieurs phases, avec un marché très actif au premier semestre, un été plus calme, puis un pic très marqué à l'automne, résume Lukas Enzersdorfer-Konrad, le patron de Bitpanda. Mais une fois ces sommets atteints, les prises de bénéfices ont été rapides et importantes. » À partir de la fin octobre, le marché a donc marqué le pas. Fin décembre 2025, le bitcoin évolue autour de 85 000 à 90 000 dollars, bien en dessous de son sommet, mais toujours à des niveaux historiquement élevés.
Bitcoin : « Les spéculateurs peuvent paniquer, mais cette baisse est parfaitement normale »
Pour Jonathan Herscovici, fondateur de StackinSat, cette phase de repli n'a rien d'exceptionnel. « Quand des records sont touchés, il y a forcément des investisseurs qui matérialisent leurs gains. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, c'est le fonctionnement normal des marchés », rappelle-t-il.
Selon lui, les moteurs de la hausse observée en 2025 sont désormais bien identifiés : arrivée des ETF, intérêt croissant des entreprises mais également des investisseurs institutionnels et des États... Mais ces éléments sont aujourd'hui largement intégrés dans les prix. « Les ETF ont été un formidable catalyseur, mais en 2026, ils ne joueront plus ce rôle de nouveauté. On est entré dans une autre phase », estime le fondateur de Stackinsat.
2026, l'année de la normalisation ?
C'est sans doute le mot qui revient le plus souvent chez les acteurs du secteur : normalisation. Pour Jonathan Herscovici, le bitcoin a changé de dimension. « Il y a encore quelques années, le bitcoin était perçu comme un actif marginal. Aujourd'hui, il est devenu presque plus risqué de ne pas en détenir du tout que d'en avoir une petite exposition », affirme-t-il.
Mais cette reconnaissance institutionnelle a un revers : la fin progressive des mouvements extrêmes. « Si le bitcoin se normalise, il faut accepter qu'il n'y aura probablement plus de hausses de +100% en quelques mois, prévient-il. La volatilité baisse, et avec elle la probabilité de rallyes spectaculaires. »
« Sans signal fort, les investisseurs préfèrent attendre »
Du côté de Bitpanda, le diagnostic est similaire. « Aujourd'hui, on ne voit pas de nouvelle annonce capable de relancer immédiatement le marché, observe Lukas Enzersdorfer-Konrad. Sans signal fort, comme une baisse marquée des taux ou une annonce politique majeure, les investisseurs préfèrent attendre. »
Cette prudence se reflète dans les volumes, en net recul depuis l'automne. « Les clients ne sortent pas forcément du marché, ils se mettent sur pause », résume Lukas Enzersdorfer-Konrad. Une attente de nouveaux signaux macroéconomiques, qui illustre aussi un bitcoin devenu plus mature et plus étroitement connecté aux cycles économiques traditionnels.
Après l'exubérance de 2025, 2026 pourrait donc être une année charnière. Moins de fracas, moins d'annonces choc, mais un actif qui s'installe durablement dans le paysage financier mondial. « Plus la volatilité baisse, plus le bitcoin devient un actif “normal”. Et un actif normal, par définition, fait moins de coups d'éclat, mais il s'inscrit davantage dans la durée », conclut Jonathan Herscovici.






















