Les néobanques Helios, OnlyOne et Green-Got espèrent séduire des clients soucieux de l'environnement en leur assurant que l'argent déposé ne financera que des projets verts. Une démarche qui s'inscrit dans une volonté plus large de développer une finance verte.

Après la vague verte des municipales en France, l’environnement peut-il gagner le secteur bancaire ? C’est l’ambition des trois nouvelles néobanques Helios, OnlyOne et Green-Got qui se lancent à la rentrée. Leur promesse ? Que l’argent déposé chez elles ne finance que des projet bons pour le climat. « L'utilisation opaque des dépôts par les banques traditionnelles aggrave la crise climatique », dénoncent aux Echos Maëva Courtois, fondatrice de Helios. « Placé sur un compte courant, un livret d’épargne, une assurance vie, notre argent permet aux banques de financer des entreprises qui aggravent le réchauffement climatique et le déclin de la biodiversité », explique le site internet d'Helios.

En juin, une étude (1) commandée par l'établissement pointait le fait que 59% des Français n’ont aucune idée de ce que leur banque fait avec les sommes déposées.

Le principe est le suivant : les trois néobanques, qui fonctionnent grâce aux licences bancaires de Treezor (pour OnlyOne) et de Solaris (pour Helios) - Green-Got négocie actuellement la sienne -, proposeront à la rentrée un compte bancaire et une carte (7 euros/mois). Elles garantissent que les dépôts seront bien utilisés pour des projet verts. « Les dépôts n'intégreront pas le bilan de nos partenaires », assure Kamel Nait-Outaleb, fondateur d'OnlyOne.

« Les trois jeunes pousses parient donc sur une formule alliant les valeurs de la Nef - une référence en matière de banque responsable, mais encore très peu connue malgré son lancement en 1988 - à l'expérience utilisateur des néobanques à succès telles que N26 ou Revolut, parvenues à rafler des millions de clients - plutôt jeunes - aux banques traditionnelles, grâce à leurs applications efficaces et la facilité de la création d'un compte », expliquent Les Echos. En fonction de la néobanque choisie, on peut recevoir des offres promotionnelles, des réductions ou même lister les entreprises et les secteurs que l’on ne veut pas voir financés grâce à ses dépôts.

Avec une stratégie différente, fin 2019, la néobanque néerlandaise bunq avait lancé la Green Card, une carte à vocation écologique, qui promet un arbre planté pour 100 euros dépensés.

Vers une fusion du livret A et du LDDS ?

Mais les promoteurs de la banque de demain ne sont pas les seuls à s’interroger sur l’utilisation de l’épargne des Français. Face au défi de la transition écologique, un député LREM a rendu un rapport au ministère de l’Economie pour développer la finance verte grâce aux encours du livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Et avec une somme conservée de 437 milliards d’euros, l’enjeu est de taille.

« Ma conviction est que cette crise sanitaire doit impérativement être un accélérateur du développement de la finance verte. Nous ne réussirons la transition que par un engagement collectif et total », expliquait le député Alexandre Holroyd. Ce projet répond aussi à l'une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat de permettre aux particuliers de demander le fléchage de leur épargne réglementée (Livret A, LDDS, Livret d'épargne populaire...) vers la transition climatique.

(1) Etude Opinionway « Les Français et l’usage de leur épargne par les banques », réalisée pour Helios, auprès d’un échantillon de 1039 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.