En fonction de l'entreprise qui réalise le diagnostic de performance énergétique (DPE), une même maison peut être classée en C, D ou même E, selon les résultats "effarants" d'une enquête présentés lundi par UFC-Que Choisir.

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir rappelle que l'affichage du DPE est désormais obligatoire dans les annonces immobilières, et qu'il conditionne le montant du nouveau prêt à taux zéro.

En effet, depuis le 1er janvier, toutes les annonces immobilières doivent afficher les résultats du DPE, le non-respect de cette obligation étant passible de sanctions judiciaires. Le DPE était déjà obligatoire depuis 2006 pour les ventes de logement et depuis 2007 pour les locations. Il permet de connaître les consommations d'énergie, leur impact sur l'effet de serre, responsable du réchauffement climatique, et de favoriser leur maîtrise, en classant les biens en sept catégories de A (50 kWh/mètre carré/an, soit 250 euros de dépenses) à G (450 kWh/m2/an, 2.250 euros).

Le secteur du logement représente 30% de la consommation totale d'énergie finale en France, et environ 20% des émissions de gaz à effet de serre.

Un constat « inquiétant » 

« Sur quatre maisons visitées par 16 diagnostiqueurs: deux maisons ont été classées dans pas moins de trois classes énergétiques différentes, une a été classée dans deux étiquettes différentes, une seule s'étant vue attribuer la même étiquette énergétique par tous ces professionnels », écrit UFC-Que Choisir dans un communiqué. « Une des maisons enquêtées a été classée, selon les diagnostiqueurs, en C, D ou E, avec une estimation de consommation de 134 kiloWattheures (kWh) à 244 kWh par m2 et par an, soit une facture annuelle variant de 1.000 à 1.800 euros! », poursuit l'association de consommateurs.

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UFC-Que Choisir, qui juge ces résultats « effarants », précise qu'ils sont le fruit d'une réactualisation d'une précédente enquête menée en 2008 au terme de laquelle l'association s'était déjà « indignée du caractère aléatoire du classement ». Pour Caroline Keller, chargée de mission à UFC-Que Choisir et qui a participé à cette enquête, ces différences de résultats ne s'expliquent pas par la complexité de la tâche, mais par le fait que le diagnostic n'est pas réalisé « avec la rigueur qu'il faudrait ». Elle met notamment en cause les différents logiciels utilisés par les entreprises. Avec les mêmes données, « ils ne donnent pas toujours les mêmes résultats ».

L'association appelle les pouvoirs publics à « adopter sans délai des mesures techniques pour fiabiliser les DPE » et à « rendre opposable le DPE entre l'acheteur et le vendeur pour que la responsabilité du diagnostiqueur puisse être engagée en cas de diagnostic erroné ».