Récemment épinglés par UFC-Que Choisir pour leur manque de fiabilité, les diagnostiqueurs préconisent de faire évoluer le Prêt à taux zéro Plus (PTZ+), afin de lutter contre les "pressions" qu'ils subissent de la part des acquéreurs de logements et des agents immobiliers pour modifier les diagnostics de performance énergétique (DPE).

« Des pressions extrêmement importantes ont lieu de la part des acquéreurs et de la profession immobilière pour modifier les classements des diagnostics en leur faveur », a dénoncé mercredi Serge Muller, vice-président de la Fédération du diagnostic immobilier (Fidi), le plus important syndicat du secteur. « Ce phénomène reste marginal mais prend de l'ampleur depuis le début de l'année » parce que toutes les annonces immobilières, y compris celles des particuliers, doivent afficher les résultats du DPE, conformément à la la loi Grenelle 2.

Un effet PTZ+

Pour la Fidi « la dépendance du montant du nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) au classement énergétique entraîne une pression intolérable des propriétaires, de leurs mandataires éventuels et des acquéreurs sur les diagnostiqueurs ». Il s'agit « d'arranger » le DPE pour bénéficier du montant maximal du PTZ+. Aussi la Fidi réclame une « dégressivité moins forte » du PTZ+ et une responsabilisation de l'acquéreur en lui retirant les avantages de ce prêt « en cas de fausse déclaration de la classe énergie » du logement.

Obligatoire depuis le 1er novembre 2006 pour les ventes de logements et le 1er juillet 2007 pour les locations, le DPE permet de connaître les consommations d'énergie et de favoriser leur maîtrise, en classant les biens en sept catégories de A (50 kiloWattheures/mètre carré/an, soit 250 euros de dépenses) à G (450 kWh/m2/an, 2.250 euros).

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L'association de consommateur l'UFC-Que Choisir avait dénoncé le mois dernier le manque de fiabilité des DPE, affirmant qu'en fonction de l'entreprise de diagnostic, une même maison peut être classée en classe C, D ou même E, soit une facture énergétique annuelle variant de 1.000 à 1.800 euros.