Au décès dun client, la banque gèle ses avoirs avant de les transférer aux ayants-droit. Pour cette opération, elle applique des frais de succession dont le montant peut atteindre plusieurs dizaines, centaines voire milliers deuros en fonction des établissements et des sommes présentes sur les comptes du défunt Cette facturation prenant souvent la forme dun pourcentage sur les encours. A lautomne dernier, dans le cadre dune étude exclusive de MoneyVox, nous avions estimé à 200 euros en moyenne les frais pour une succession de 15 000 euros réglée en 2 mois. Chez AXA Banque et Allianz, la facture grimpait à 450 euros daprès nos calculs.
Le piège des frais fixes pour les petites successions
Dans son mensuel de janvier, 60 Millions de consommateurs sinsurge également contre lopacité des frais bancaires de succession qui ne font lobjet daucune réglementation. Parmi les points de crispation : la main lourde de certaines banques y compris quand la personne décédée ne possédait que quelques centaines deuros dans la banque. « Le principe dune gratuité applicable lorsque les avoirs du défunt ne dépassent pas un certain montant (entre 200 et 500 euros en moyenne) constitue lexception. Résultat, dans notre simulation pour un parent détenant 300 euros, lhéritier recevra, suivant les établissements, la totalité de cette somme ou... absolument rien, lorsque les frais prélevés atteignent ce montant », souligne 60 Millions de consommateurs. Concrètement, daprès ses calculs, le CIC va ainsi conserver 250 euros des 300 euros au titre des frais de succession. Le Crédit Mutuel Ile-de-France saccapare 220 euros, 153 euros au LCL ou encore près de 104 euros à la Société Générale.
Dans le cas de petites successions, les banques en ligne ne sont pas toujours des modèles de frais bas. Boursorama prélève ainsi 250 euros, ING et Fortuneo retiennent même 300 euros, soit la totalité des avoirs sur le compte du défunt ! Cela sexplique par le fait quelles facturent une somme fixe, indépendamment des avoirs. La facture est donc proportionnellement salée si le défunt ne disposait que de quelques centaines deuros sur son compte. Une tarification que Xavier Prin, directeur du marketing de Boursorama, défend auprès du magazine : « Quil y ait 100 euros sur le compte ou 100 000 euros, pour nous, lopération de virement vers le compte dun ayant-droit reste la même », explique-t-il. « Ce sont plutôt la nature des produits détenus et la complexité des opérations à réaliser qui déterminent le coût de lintervention de la banque ».
Plus de produits, plus de frais
En effet, la banque ne soccupe pas uniquement des comptes courants mais plus généralement de lensemble des comptes et produits dépargne ouverts. Et, dans certaines enseignes, plus la personne décédée détenait de produits, plus les frais de succession sont élevés. Par exemple, certaines Caisses dépargne incluent lassurance vie pour comptabiliser le nombre de produits, « augmentant ainsi le taux et le plafond des frais perçus », relève 60 Millions de consommateurs. Dautres banques appliquent des frais supplémentaires en cas de compte-titres ou de PEA.
Selon le magazine, dautres pratiques contestables sobservent aussi quand le défunt disposait dun compte joint. Lorsque son codétenteur est encore en vie, la plupart des banques se basent sur la moitié des dépôts pour calculer les frais, ce qui paraît logique. La Société Générale, notamment, fait exception et se base sur la totalité des sommes détenues sur le compte joint, explique 60 Millions de consommateurs.
Avec plus de 610 000 personnes décédées en 2019, les frais de succession bancaires représenteraient environ 125 millions d'euros par an, d'après 60 Millions de consommateurs.
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