Qu'est-ce qu'a annoncé l'Elysée ?
Jeudi 12 mars, Emmanuel Macron a visité le chantier des deux futurs réacteurs prévus sur le site de la centrale de Penly (Seine-Maritime). Le chef de l'Etat en a profité pour présider un Conseil de politique nucléaire (CPN) qui décide d'orientations sur le programme de relance du nucléaire civil en France. Ce dernier comprend notamment la construction par EDF d'au moins six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France. Ces réacteurs seront implantés à Penly, Gravelines (Nord) et Bugey (Ain).
« On n'arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire », a déclaré le président de la République en célébrant le « chantier du siècle » de la relance du nucléaire en France.
A l'issue de ce CPN, l'Elysée a annoncé que « le prêt bonifié de l'Etat accordé au programme EPR 2 pour 60% du montant total du programme sera financé par le fonds d'épargne de la Caisse des dépôts ». Cela signifie que le Livret A notamment, financera en partie le programme de nouveaux réacteurs EPR en France. L'évaluation des coûts de ce programme n'est pas encore complète, mais un coût « en dessous de 100 milliards d'euros » a été évoqué par l'exécutif. EDF table sur un budget d'environ 73 milliards d'euros.
Cette annonce concernant l'utilisation de l'épargne des Français pour financer le nucléaire n'est pas une surprise. Olivier Sichel, le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), avait déjà indiqué en octobre dernier que le ministère de l'Economie et EDF s'étaient mis d'accord sur le recours au Fonds d'épargne de la CDC pour le financement de nouveaux réacteurs EPR.
Que contient le Fonds d'épargne ?
Le Fonds d'épargne centralise et gère 59,5% de l'épargne réglementée des Français déposée sur les Livrets A, les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) et les Livrets d'épargne populaire (LEP). L'enveloppe est d'environ 400 milliards d'euros.
Une moitié est dédiée à des prêts de long terme au logement social et à destination de la politique de la ville. L'autre moitié est investie dans des titres de dette (principalement d'État) et dans des actions de sociétés cotées, dont la « Caisse » ne donne pas la liste complète. Le nucléaire « fait partie évidemment de notre souveraineté énergétique », rappelait Olivier Sichel à l'automne dernier.
Qu'en pensent les Français ?
Utiliser l'argent de ces livrets réglementés pour financer le renouvellement du parc nucléaire est une piste évoquée depuis le début de l'année 2023. Le sujet était alors loin de faire l'unanimité parmi les épargnants, comme le montrait un sondage réalisé par MoneyVox. 45% des personnes interrogées se disaient favorables à l'idée de financer le nucléaire (16% totalement favorables et 29% plutôt favorables). En revanche, 37% étaient opposés cette idée.
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