En quoi consiste ces listes ? La liste blanche permet de désigner les créanciers qui sont autorisés à prélever votre compte, à lexclusion de tous les autres. Un outil à manier avec précaution, tant le risque dimpayés est grand, mais qui a le mérite de protéger efficacement le compte. La liste noire, quant à elle, permet à lusager de désigner les créanciers qui nont pas le droit de prélever le compte.
Les banques ont lobligation de mettre en place ces outils. Elles l'ont fait, même si laffaire nest pas très bonne pour elles. Ne gérant plus les mandats, il devient en effet difficile de facturer des frais de mise de place de nouveaux prélèvements. Mais certaines ont trouvé la parade. Le Crédit Agricole, par exemple, fait payer l'information sur le passage du premier prélèvement sous un nouveau mandat.
La Banque Postale, de son côté, affiche depuis 2016 des « frais pour liste noire » et pour « liste blanche sur prélèvement ». Et ils ne sont pas négligeables : 12,80 euros par créancier ajouté, plafonnés à deux créanciers par mois dans le cas de la liste blanche.
Lire aussi : Prélèvement SEPA : les nouveaux garde-fous que doivent proposer les banques
BPCE en première ligne
Nous sommes allés vérifier si nous retrouvions ce type de ligne de frais dans les autres enseignes. Résultat : la pratique est loin dêtre généralisée, mais la Banque Postale nest pas la seule à lavoir mise en place.
Dans limmédiat, les enseignes nationales (BNP Paribas, Société Générale, LCL, CIC, etc.) nont pas encore franchi le pas, pas plus que les banques en ligne. Du côté des banques mutualistes régionales, le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole semblent également exempts de ce type de facturation. Ce nest pas le cas, par contre, des enseignes du groupe BPCE. Nous avons ainsi trouvé la trace, dans 9 Banques Populaires, de frais de « sélection de créanciers autorisés à prélever (liste blanche) » et de « sélection de créanciers non autorisés à prélever (liste noire) ». Même chose au Crédit Coopératif, où la « gestion dun créancier dans une liste blanche » ou « dans une liste noire » coûte 5 euros par an.
La grande majorité des Caisses d'Epargne pratique également cette facturation. A la CE Aquitaine Poitou Charentes, « lajout dun émetteur sur sa liste noire » ou « sa liste blanche » coûte ainsi 15,25 euros par opération.
De gros écarts de tarifs
Soyons clairs : la facturation de la gestion dune liste blanche ou noire nest pas une pratique interdite. Elle peut même être justifiée, lorsquelle est effectuée par un conseiller en agence ou au téléphone. La Caisse dEpargne le précise dailleurs bien : cette tarification sapplique « en agences uniquement ». Pas de précision de ce type, par contre, à la Banque Populaire ou à la Banque Postale. Dans le cas de la seconde, lajout de créanciers sur liste noire ou blanche nest en tout cas pas possible en ligne, même pour les clients de son agence à distance.
Toutefois, comme souvent pour les lignes tarifaires nouvelles, non encadrées par la réglementation, la facturation des listes pose deux questions. Celle du tarif juste, dabord. Actuellement, on observe de très gros écarts : 5 euros au Crédit Coopératif, 6 euros à la Banque Populaire, mais 12,80 euros à la Banque Postale et 15,25 euros à la Caisse dEpargne. Du simple au triple pour une même opération.
Autre question : celle de la nomenclature. « Sélection de créanciers » à la Banque Populaire, « Ajout dun émetteur » à la Caisse dEpargne, « gestion dun créancier » au Crédit Coopératif ou « Frais pour liste noire » à la Banque Postale : 4 enseignes, 4 dénominations différentes pour une même opération. Difficile de sy retrouver, et de comparer les tarifs.

















