Une fois nest pas coutume : souvent critique à légard de laction (ou labsence daction) des pouvoirs publics, Alain Bazot, le président dUFC-Que choisir, a choisi douvrir le point presse consacré aux tarifs bancaires par un satisfecit envoyé au gouvernement. « La loi bancaire (1) a permis des progrès considérables », a-t-il commenté, « avec le plafonnement des commissions dintervention, mais aussi linformation préalable au prélèvement des frais bancaires, la GPA (2) pour les clients fragiles ou la création dun observatoire de linclusion bancaire. »
Mais la régulation ne fait pas tout et comme chaque année à la même époque, lassociation de défense des consommateurs a, à linverse, critiqué lattitude de banques « avides de facturation », pour reprendre lexpression du même Bazot. A lappui de cette affirmation, lUFC a mené une étude portant sur les brochures tarifaires de 129 banques de détail, dont 70% ont changé au 1er janvier 2014. Résultat : sur les 10 opérations les plus couramment facturées (3), quatre ont augmenté plus vite que linflation depuis 2010 (date dune précédente étude comparable dUFC), dont deux très fortement : les retraits hors réseau (+67,9%) et les frais de tenue de compte (+98,8%), deux services de plus en plus couramment facturés.
Lire par ailleurs : Frais bancaires : UFC-Que choisir dénonce le « tour de passe-passe » des banques
Boursorama et ING Direct font la paire
Cette tendance ne concerne toutefois pas toutes les enseignes, et notamment les banques en ligne qui ont fait de la gratuité sur ces opérations courantes leur principal argument marketing. Sans surprise, les 5 « pure players » (dont la petite nouvelle Hello Bank) figurent parmi les 10 banques les moins chères actuellement. On retrouve également dans ce top 10 deux « assurbanquiers » (4) (MACIF et Groupama), duo complété un peu plus loin par Allianz Banque (11e) et AXA Banque (12e). « Ils apparaissent ainsi comme un modèle alternatif entre « pure players » de la banque en ligne et banque traditionnelle, tant au niveau tarifaire que de distribution ( ) » commente lUFC.
Enfin, une seule enseigne nationale « traditionnelle », La Banque Postale, fait son chemin dans le haut du tableau, accompagnée par deux caisses régionales du Crédit Agricole, Aquitaine et Provence Côte dAzur :
- ING Direct (0 euro)
- Boursorama Banque (0 euro)
- Fortuneo (18 euros)
- Hello Bank (38 euros)
- MACIF (122,10 euros)
- Monabanq (123,50 euros)
- Groupama Banque (143,25 euros)
- Crédit Agricole Aquitaine (145,65 euros)
- La Banque Postale (145,90 euros)
- Crédit Agricole Provence Côte dAzur (149,20 euros)
L« incohérence tarifaire » des mutualistes
A linverse, les banques traditionnelles trustent le classement des 10 enseignes les plus chères, toujours en sen tenant au panier des dix services choisis par lUFC pour la comparaison :
- Société Marseillaise de Crédit (367,20 euros, dont 150 euros de frais de tenue de compte !)
- Banque Dupuy de Parseval (295,85 euros)
- Banque Marze (294,54 euros)
- Banque de Savoie (251,92 euros)
- Crédit Maritime Méditerranée (249,37 euros)
- Banque Populaire Massif Central (244,40 euros)
- Crédit Mutuel Normandie (233,75 euros)
- Crédit Mutuel Océan (233,67 euros)
- Caisse dEpargne Midi-Pyrénées (231,72 euros)
- Caisse dEpargne Bretagne - Pays de Loire (230,20 euros)
Ces deux classements amènent lUFC-Que choisir à un constat, parmi dautres : « lincohérence tarifaire perdure » dans les grands réseaux, « et a même tendance à saccentuer ». Lassociation a calculé lécart de facturation, pour les mêmes services, entre la moins chère et la plus chère des caisses de chacune des quatre enseignes mutualistes. Depuis 2010, il a augmenté dans trois dentre elles : à la Banque Populaire (40,5% contre 34%), à la Caisse dEpargne (29,6% contre 27,6%) et au Crédit Mutuel (31,1% contre 29,8%). Seul le Crédit Agricole a resserré lécart (48,4%, contre 56,3%), mais reste néanmoins le plus inégalitaire des réseaux.
(1) Loi de séparation et de régulation des activités bancaires du 26 juillet 2013
(2) Gamme de moyens de paiement alternatifs au chèque.
(3) Le panier défini par UFC-Que choisir comporte la gestion de compte par internet, les cartes bancaires classiques à débits immédiat et différé, la carte à autorisation systématique, les retraits hors réseau, les virements occasionnels, la mise en place dun prélèvement, la commission dintervention, lassurance moyens de paiement et les frais de tenue de compte. Il ne correspond pas exactement à lextrait standard des tarifs placé en première page des brochures, y incluant les frais de tenue de compte retirant les SMS dalerte.
(4) Compagnies dassurance qui diversifient leur activité dans la banque.



















