L’association de consommateurs UFC-Que Choisir dénonce l’inflation du prix des assurances couvrant les fraudes liées au vol ou à la perte des moyens de paiement, et en appelle à l’arbitrage de Christine Lagarde.

Dans un communiqué publié ce mardi, l’UFC-Que Choisir demande à la ministre de l’Economie de « diligenter une étude sur le rapport entre le coût réel de l’assurance des moyens de paiement pour les banques et le prix facturé aux consommateurs ».

Pour l’association, qui a fait de la lutte contre les frais bancaires un cheval de bataille, l’affaire semble toutefois entendue : les banques surfacturent ces assurances, qui couvrent leurs clients contre l’utilisation frauduleuse de leurs cartes et chéquiers. D’après le suivi des tarifs effectué par l’association, le prix moyen de ce service est passé de 22,10 euros en 2004 à 25,10 euros en 2010, « soit une augmentation de 13,8% ».

Une hausse qui correspond grosso modo à l’inflation sur cette période (12%), mais que l’association estime injustifiée : « Une telle augmentation ne reflète aucune réalité économique. Le coût d’une assurance dépend pour l’essentiel de deux éléments : les risques de sinistre (ici, la fraude) et l’étendue de la protection offerts au souscripteur. Or, tant les risques que la couverture ont diminué sur la période. »

Fraude et risque couvert en diminution

Selon l’UFC, le taux de fraude à la carte bancaire est passé de 0,086% en 2003 à 0,072% en 2009. Et l’augmentation du montant moyen de la fraude (+11,5%) ne suffit pas à expliquer l’inflation de l’assurance.

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L’UFC rappelle également qu’avec l’entrée de la France dans l’Espace unique de paiement en euros (SEPA) en juillet 2009, les protections réglementaires ont changé. « Avant cette date, un consommateur dont la carte avait été volée devait supporter l’intégralité des sommes détournées avant opposition : l’assurance moyens de paiement pouvait alors rembourser ces sommes. Aujourd’hui, dans la même situation, le client ne paie plus qu’une franchise de 150 euros, le reste étant à la charge de la banque (...) Son assurance moyens de paiement ne lui sert donc plus qu'à rembourser l'éventuelle franchise. »

Fraude et risque couvert en baisse, pour l’UFC, « tout porte à croire que le prix des assurances et leur augmentation sont largement disproportionnés (…). » Et cela en toute opacité, puisque ces assurances sont le plus souvent incluses dans les forfaits bancaires utilisés par une majorité des clients.

Reste à savoir quelle sera la réaction de Christine Lagarde. La ministre de l’Economie a affiché ces derniers mois sa volonté de rendre plus transparente les tarifications des banques. Elle s’est toutefois bien gardée de réguler à marche forcée, tablant plutôt sur une concurrence accrue entre les banques.