Les loyers du parc privé continuent de progresser en France. Dans son édition 2026 de son étude « Les loyers du parc privé en France », l'Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL) dresse ce mercredi 18 février un panorama détaillé des niveaux et des évolutions constatés en 2024, ainsi qu'une comparaison inédite avec le parc social.
Premier constat : les inégalités territoriales restent marquées, avec des écarts de loyers allant de 1 à 3,5 selon les agglomérations. Pour les appartements de trois pièces, les loyers médians hors charges varient de 6,8 euros/m2 dans certaines villes moyennes à 24,2 euros/m2 à Paris intra-muros. Entre ces deux extrêmes, les situations sont très hétérogènes.
* Prix moyen au m2 dans les 41 plus grandes villes de France.
Données : SeLoger et MeilleursAgents.com
Certaines agglomérations affichent des niveaux encore modérés, autour de 8 à 10 euros/m2, tandis que les grandes métropoles régionales et les zones touristiques dépassent souvent les 12, 15 voire 20 euros/m2. Cette géographie illustre, selon l'étude, « de fortes inégalités d'accès au logement selon la localisation ».
Une hausse des loyers dans toutes les villes
Autre enseignement majeur : les loyers augmentent partout. Entre le 1er janvier 2023 et le 1er janvier 2024, la progression des loyers médians s'échelonne de +1% à +6% selon les villes. Ces hausses restent globalement proches de l'Indice de référence des loyers (IRL), qui s'est établi à +3,5% en moyenne sur la période. L'Anil souligne que cette relative modération peut s'expliquer en partie par les mécanismes d'encadrement de l'évolution des loyers, notamment dans les zones dites « tendues ».
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Fait notable : les hausses les plus marquées ne se concentrent pas nécessairement dans les villes les plus chères. Certains marchés dits « détendus » enregistrent ainsi des progressions élevées, tandis que plusieurs grandes métropoles voient leurs loyers évoluer à un rythme plus proche de l'IRL.
L'édition 2026 introduit aussi un indicateur inédit pour comparer les loyers du parc social et ceux du parc privé. Concrètement, il met en regard les loyers les plus élevés du logement social avec les loyers les plus bas du parc privé, afin de mesurer l'écart réel entre les deux marchés. Selon les territoires, trois situations se dessinent : soit un écart important entre social et privé, soit un fonctionnement complémentaire avec des niveaux distincts mais cohérents, soit, au contraire, un rapprochement des prix, où les loyers du social et du privé se chevauchent presque.
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Dans près d'un cas sur deux, l'écart reste significatif. Mais dans environ un quart des agglomérations étudiées, les valeurs locatives du privé et du social tendent à s'aligner. Cette porosité peut créer une forme de concurrence entre les deux segments plutôt qu'un rôle strictement complémentaire.






















